5 ème tour de la coupe de France Issenheim - SRC

Coupe de France Issenheim, un après-midi au paradis

le 12/10/2011 à 05:00 par Pierre Chatelus

 

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Marc Blies attend avec impatience la confrontation entre ses joueurs issenheimois et les SR Colmar, même s’il ne se fait aucune illusion quant au résultat final. Archives Jean-François Frey

C’est la fête au village. Dimanche prochain, l’ASE Issenheim, modeste club de Promotion, dresse le couvert pour accueillir des SR Colmar qui évoluent six étages plus haut dans la hiérarchie. Ambiance.

Il y en a qui gagnent à l’Euromillions et d’autres, à peine moins vernis, qui gagnent au tirage au sort de la Coupe de France. L’ASE Issenheim, elle, a touché le jackpot dans cette deuxième « loterie ». En lice au 5 e tour de la plus prestigieuse compétition hexagonale, aux côtés des 35 autres rescapés alsaciens, le petit club florivalien, pensionnaire de Promotion départementale, espérait tirer un joli lot. Elle a tiré le plus gros : les SR Colmar, club du National. « Un rêve », jubile l’entraîneur local Marc Blies, qui redoutait avant tout de quitter l’épreuve quelque part dans le Bas-Rhin, sous couvert d’anonymat. « Là, quoi qu’il arrive, on sortira par la grande porte, face à ce qui se fait de mieux en Alsace. Ce n’est que du bonheur. »

Converser avec un entraîneur tout heureux de la prochaine élimination de son équipe est une chose plutôt rare dans le métier. Mais le garçon de 44 ans, passé en tant que joueur dans les rangs de l’INF Vichy puis dans ceux du centre de formation du FC Mulhouse, du temps d’un certain Raymond Domenech, connaît trop bien le foot pour ne pas se bercer d’illusions. « Très sincèrement, c’est mission impossible, assure-t-il. Six divisions d’écart, ce n’est même plus un gouffre, c’est un monde. Même pas dans le plus fou de mes rêves je ne peux envisager une victoire, même si je sais qu’on ne doit jamais partir perdant. Pour nous, c’est déjà incroyable que Colmar vienne faire le déplacement sur notre terrain et passer l’après-midi avec nous. Cette occasion ne se représentera plus jamais pour beaucoup d’entre nous. »

Invaincus depuis le début de saison toutes compétitions confondues, les joueurs issenheimois (5 es du groupe B de Promotion) le resteront en tout cas ce dimanche soir. Parce que leur coach a de toute façon prévu de ne « pas comptabiliser l’élimination » dans son tableau de marche. « Perdre contre des joueurs dont le foot est le métier, ça n’est pas significatif. Mais attention, ça ne veut pas dire que je n’attendrai rien de mon équipe ! Je veux qu’elle soit le meilleur sparring-partner possible. Je vais d’ailleurs lui fixer des petits objectifs. Je n’ai pas envie de finir avec une énorme valise, je n’ai pas envie non plus que mon équipe soit spectatrice. Bref, je veux quand même une confrontation. Ce n’est qu’en donnant le maximum de nous-mêmes qu’on fera honneur à notre adversaire. Ça, ça me tient à cœur, parce que je sais que les SRC, eux, nous respecterons comme il se doit. »

Marc Blies est bien renseigné. Ou alors a-t-il pris soin de parcourir la biographie de son homologue Damien Ott, dont l’une des caractéristiques est de ne jamais prendre un match à la légère. « Mais ça nous arrange. Jouer l’équipe trois de Colmar aurait été une vraie déception. Ce qu’on veut, nous, c’est vivre un grand moment. »

À Issenheim, tout a d’ailleurs été fait pour que l’événement soit le plus festif possible. « On a collé quelques affiches en ville pour tenter d’attirer de nouvelles têtes, sourit l’entraîneur. On va passer quelques spots à la radio aussi. Il devrait y avoir du monde. Au niveau du groupe, on fera tout pour savourer au mieux ces instants. L’équipe 2 a reporté son match pour que tout le monde puisse être là. On fera un repas sportif avant le match et puis on restera tous ensemble dans la soirée. On espère pouvoir retenir le staff et les joueurs colmariens avec nous pendant un petit moment. Franchement, on a déjà hâte d’y être. » Nous aussi…

le 12/10/2011 à 05:00 par Pierre Chatelus


Le grand écart ?

le 15/10/2011 à 05:01 par H.H

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Benoît Patin retrouve l’équipe fanion des Verts lors de ce court déplacement à Issenheim à l’occasion du 5 e tour de la Coupe de France. Photo Damien Gautier

Quatre jours après leur sévère défaite à Vannes (3-1), les Colmariens vont tourner la page championnat pour ouvrir le livre Coupe de France. Ils débutent l’édition 2011-2012 à Issenheim où ils seront bien sûr les grands favoris face aux modestes promotionnaires. Il est difficile d’imaginer autre chose qu’une qualification des Verts.

Les SR Colmar ont certes déjà connu quelques entrées en matière difficiles dans cette épreuve qui leur a néanmoins souri ces dernières années. On se souvient des problèmes qu’ils ont connus pour sortir Ribeauvillé lors de la saison 2006-2007 (3-2 en toute fin de rencontre) avant d’atteindre le 8 e tour et de sortir Monaco au passage, et des difficultés à éliminer Sundhoffen, la saison dernière, qui les a poussés jusqu’aux prolongations avant de lâcher prise dans les dernières minutes (5-3). « C’était également lors d’une semaine à deux matches, se remémore Doumé Lihrmann. On avait joué le mercredi à Gap et le match face à Sundhoffen avait été avancé au samedi. C’était un peu juste au niveau de la récupération car un déplacement rajoute toujours de la fatigue. »

Alors que quatre divisions séparaient les Colmariens des Sundhoviens la saison dernière, ce sont six niveaux, soit un véritable gouffre, qui séparent les hommes de Damien Ott et la formation d’Issenheim. Il n’y a donc guère de chances qu’un tel scénario puisse se reproduire. Et au final, l’addition risque même d’être assez salée pour les Florivaliens qui vont cependant tout donner pour ce qui sera le match de leur vie, et une belle fête annoncée au stade Bernard Genghini.

L’entraîneur des Verts entend cependant aborder cette rencontre comme un autre match. « Comme d’habitude, on va respecter notre adversaire, même s’il y a quelques divisions d’écart. Mais on doit montrer qu’on est en National, donc jouer et gagner. »

À l’occasion de ce court déplacement, Damien Ott conserve la quasi-totalité de son groupe qui rentre d’un voyage un peu plus long. « À l’exception de Pape Dieye et Sylvain Meslien, qui donneront un coup de main à l’équipe deux qui joue à Vauban en Division d’honneur, tous les joueurs qui étaient à Vannes seront de la partie avec en plus Benoît Patin qui retrouvera ainsi l’équipe première. »

Les Verts ne feront donc aucune impasse à l’occasion de ce 5 e tour. « On doit être motivés dès notre première apparition, confirme Ott. Et, bien sûr, il ne nous déplairait pas de passer quelques tours. On le sait, l’appétit vient en mangeant. »

le 15/10/2011 à 05:01 par H.H.


Les Verts ont fait le boulot

le 17/10/2011 à 05:00 par H.H.

 

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David Dominger, le gardien d’Issenheim, ici face à Abdel Moukhlil, a longtemps repoussé l’échéance. Photo Thierry Gachon

Les Colmariens ont largement justifié les six divisions qui les séparent de leur adversaire, hier à Issenheim. Benoît Haaby et ses camarades se sont facilement qualifiés pour le 6 e tour de la Coupe de France malgré le courage des Florivaliens et la prestation de leur gardien (0-5).

C’est sous les yeux de Bernard Genghini, qui a constaté que le stade qui porte son nom « avait belle allure », que les Colmariens ont facilement passé le cap de ce 5 e tour de Coupe de France. « C’est sympa pour Issenheim de pouvoir affronter ce qui se fait de mieux actuellement en Alsace, mais ils n’ont malheureusement pas la moindre chance de poursuivre l’aventure », soulignait l’ex international avant de donner le coup d’envoi de la rencontre.

Le sérieux des Verts

Le début du match allait donner raison au natif d’Issenheim qui constate en effet, comme le Dr Esposito et Jacky Pauvert, présents à ses côtés, le gouffre qu’il y a entre une équipe de promotion et une autre de National.

D’autant, que les hommes de Damien Ott, qui avaient souffert lors du 5 e tour face à Sundhoffen la saison dernière, ont pris cette rencontre à bras-le-corps avec sérieux et détermination. « C’est une belle équipe, confirme David Dominger à l’issue du match, et on ne peut qu’être admiratif. Ça reste un honneur de jouer ce genre de match face à des joueurs qui nous ont respectés. Mais c’est vrai qu’il y a six mondes entre eux et nous. »

Dominger arrête tout

Pourtant, le gardien des Florivaliens qui avait « un début de déchirure à l’épaule, mais je ne voulais pas lâcher mes camarades » a fait de son mieux pour tenter de resserrer l’écart entre les deux équipes. Alors que les Colmariens, qui se sont évertués à proposer un football de qualité, ont pris d’assaut le camp local, David Dominger multiplie les prouesses sur les nombreuses tentatives adverses. Dès l’entame du match, il était évident que la décision finale allait virer en faveur des Colmariens tant leur emprise était grande, mais il était tout aussi évident qu’Issenheim allait vendre chèrement sa peau. Il faut ainsi attendre la 15 e minute pour voir Haaby, monté aux avant-postes, offrir, de la tête, le premier but à Touré sur un centre de Liabeuf. Dominger, notamment sur des tentatives de Dufrennes (3 e, 13 e), a repoussé l’échéance, et il poursuivra ses travaux d’Hercule toujours face à Dufrennes (17 e, 22 e) et M’Tir (33 e) jusqu’à la pause.

« Un quart d’heure de trop »

La domination colmarienne se poursuivra après la pause, mais ni Touré (48 e) ni Zerara (52 e, 53 e et 58 e) ni Grimm (59 e) ne parviendront à conclure. Il faut attendre la première véritable incursion d’Issenheim dans le camp des Verts à la 68 e, et un tir d’Aloua qui n’inquiète toutefois pas Carnovale, pour voir les Colmariens doubler la mise. Ce n’est en effet qu’à la 72 e, à la suite d’une montée rageuse, que Benoît Haaby parvient à mettre le ballon entre les jambes de Dominger après un relais dans la surface avec Dufrennes. « Il y avait un quart d’heure de trop, constatait Marc Blies, l’entraîneur des rouges, à l’issue du match. Mais je suis content car mes joueurs ont réussi à faire douter les Colmariens en respectant les consignes. » C’est effectivement dans les dernières minutes que les Verts parviennent à donner de l’ampleur au score en inscrivant trois buts supplémentaires par Zerara et Grimm.

ASE Issenheim – SR Colmar 0-5. Mi-temps 0-1. Pelouse en bon état. Temps ensoleillé. 800 spectateurs environ. Arbitre M. Tournegros assisté de MM. Lang (Lutterbach) et Lanzafameir (Mulhouse). Buts : Touré (15 e), Haaby (72 e), Zerara (78 e et 85 e) et Grimm (84 e). Avertissements : Barresi (30 e) à Issenheim. Patin (80 e) à Colmar.

Issenheim : Dominger, Barresi, Rispam, Schmitt, Gassmann, Taglang, Beringer (Pradel, 70e), Teixeira, Garniaux (El Aloua, 61e), Kopf, Duhaut (Galea, 46e). Ent. M. Blies.

Colmar : Carnovale, M’Tir, Bernardet (Mezriche, 84e), Meyer, Haaby (Shaïek, 78e), Grimm, Moukhlil, Zerara, Touré, Liabeuf (Patin, 46e), Dufrennes. Ent. D. Ott.

le 17/10/2011 à 05:00 par H.H.

C’est un peu lourd

Les SR Colmar ont logiquement dominé l’ASE Issenheim en inscrivant cinq buts, dont quatre dans les vingt dernières minutes, hier après-midi au stade Bernard-Genghini. Mais le club de Promotion a fièrement défendu ses couleurs.

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On joue la 69 e’et El Aloua s’échappe sur le côté droit. L’attaquant issenheimois, entré en jeu quelques minutes auparavant, se retrouve en position de tir mais sa frappe est un brin trop croisée et passe à côté du but gardé par Carnovale. L’ASE Issenheim qui n’était à ce moment-là menée que d’un but vient de laisser passer sa seule chance d’égaliser.

Domination colmarienne évidente

Bon, d’accord, on exagère un peu. L’occasion n’est pas aussi nette que cela. Et quand bien même, si Colmar a eu du mal à faire le break, l’issue de la rencontre n’a jamais fait l’ombre d’un doute, tant la domination colmarienne dans tous les secteurs du jeu était évidente.

En alignant quasiment son équipe type sur la pelouse (seul Carnovale remplaçait Fedrigo, légèrement touché à la cheville), Damien Ott avait annoncé la couleur : les Verts allaient prendre cette rencontre au sérieux.

S’ils pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score relativement tôt dans cette rencontre (centre de Liabeuf, remise de la tête de Haaby et volée de Touré, 0-1 17 e’) c’était sans compter sur leur adversaire.

Bien organisée autour de sa défense centrale Gassman/Schmitt, Issenheim a fait de la résistance pendant plus d’une heure. Les Promotionnaires ont surtout pu compter sur un David Dominger en grande forme dans son but.

Celui qui était encore joueur de champ en D2 à Soultzmatt quand Christophe Spadaro, l’ancien entraîneur de l’ASEI l’avait recruté, a tout simplement sorti un match énorme, multipliant les arrêts et les sorties décisives face aux attaquants colmariens.

Et le tout sans être à 100 % de ses moyens. « Je souffre d’une élongation musculaire à l’épaule, expliquait-il après coup. Mais disputer un match comme celui-là pour des joueurs de notre niveau, c’est un rêve. On ne peut pas laisser tomber les copains dans ces cas-là. »

« Je regrette un peu le dernier quart d’heure »

L’entraîneur de l’ASEI, Marc Blies, pouvait être fier de ses joueurs. « La grosse satisfaction, c’est que les gars ont parfaitement respecté le schéma tactique. On les a empêchés de rentrer dans notre surface du mieux qu’on pouvait et on les a obligés à frapper de loin. Après, même si la différence de niveau est évidente, je regrette un peu le dernier quart d’heure. Si on en avait pris un ou deux de moins, ça m’aurait paru plus juste. »

Pour le reste, on a assisté à un pilonnage en règle du but issenheimois, à un festival de frappes colmariennes non cadrées, aux parades de Dominger et à quelques beaux buts, tout de même.

Un but d’attaquant du capitaine Haaby à la suite d’un long une/deux avec Dufrennes, un enchaînement contrôle volée de Zerara, bien servi par Moukhlil, une volée du gauche de Grimm pour mettre fin à un cafouillage dans la surface et un but contre son camp de Teixeira (et si ce n’avait été lui, c’eut été Zerara en embuscade).

Dufrennes, le meilleur buteur colmarien en championnat, n’a pas marqué mais a réussi l’exploit de toucher la transversale à deux reprises dans la même seconde (volée puis tête).

Et voilà les Verts au 6 e tour alors qu’Issenheim se souviendra longtemps avoir défié le meilleur club alsacien du moment.

Mathieu Pfeffer

Date de dernière mise à jour : 17/10/2011

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