Morne à l'eau (Guadeloupe)

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La Coupe à cœur

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Abdel Moukhlil et les SR Colmar, en avant coupe ! Photo Vanessa Meyer Wirckel

Au retour de Luzenac, Abdel Moukhlil et les Colmariens étaient plutôt satisfaits du nul décroché à l’occasion du dernier match des Ariégeois sur leur pelouse fétiche. Ils sont prêts à recevoir les Guadeloupéens de Morne-à-l’Eau, vendredi en Coupe de France.

Contrairement à la défense et au milieu de terrain qui sont pratiquement immuables dans l’esprit de Damien Ott, l’attaque des Verts est empreinte d’un turnover selon l’option tactique voulue par l’entraîneur. Vendredi dernier à Luzenac, c’est Frédéric Marques et Abdel Moukhlil qui ont été préférés à Wilfried Louisy-Daniel et Farez Brahmia qui avaient débuté huit jours plus tôt face au FC Metz. « Le temps de jeu des attaquants est moindre, mais cela est dû à la concurrence, le coach nous avait prévenus, remarque Moukhlil. À Luzenac, Damien comptait sur nous pour faire un énorme travail défensif avant de lancer Farez (Brahmia) et Wil (Louisy-Daniel) pour terminer le travail. Mais le but encaissé en première période a quelque peu contrecarré ses plans. La rentrée de Wil nous a fait du bien car c’était très dur physiquement jusque-là. »

Au final, les Colmariens ont certes encaissé un but, mais ont malgré tout été présents défensivement. « Notre défense est l’un de nos atouts, mais c’est parce que tout le monde tire dans le même sens, les défenseurs bien sûr, mais également les attaquants et les milieux comme nous le demande le coach. »

Les Verts ont cependant une nouvelle fois été tenus en échec, à l’extérieur cette fois, ce qui est différent aux yeux d’Abdel Moukhlil. « Franchement, on doit être satisfaits de ce résultat. On méritait peut-être mieux, comme face à Metz, notamment au vu de notre deuxième mi-temps, mais on ramène tout de même un bon point de là-bas, comme la saison dernière et selon le même scénario puisque nous avons réussi à revenir au score. »

« On était prêts à partir »

Un point qui ne fait cependant pas avancer l’équipe, qui la fait même reculer puisque Bourg-Péronnas, en allant gagner à Quevilly, leur souffle la quatrième place. Une victoire à l’extérieur que n’ont pas décrochée les Alsaciens. « On est parti à Luzenac pour poursuivre sur notre série d’invincibilité, glisse le petit attaquant colmarien, et c’est donc réussi. Un point à l’extérieur, c’est toujours un bon point d’autant que, selon le gardien Quentin Wesberg que j’ai connu à Troyes, Luzenac restait sur une belle dynamique et entendait offrir une victoire à ses supporters à l’occasion des adieux à leur stade. Il ne fallait surtout pas perdre pour garder la confiance du groupe qui doit viser les victoires, surtout à domicile. »

Au Stadium, les Verts recevront Quevilly, la lanterne rouge, le 23 novembre et il sera évidemment une nouvelle fois question des trois points de la victoire.

Avant cela, ils accueillent les Guadeloupéens de Morne-à-l’Eau, vendredi prochain à 19 h à l’occasion du 7 e tour de Coupe de France. Une épreuve qui n’a pas réussi aux Colmariens la saison dernière. « On en parle évidemment entre nous, assure Moukhlil, même si on a été déçus de ne pas avoir été retenus pour aller dans les Îles. On était prêts à partir. La Coupe nous tient à cœur et on veut tous essayer de faire un beau parcours et jouer quelques gros calibres. Il va d’abord falloir passer ce tour et donc éviter la déconvenue d’il y a quatre ans quand nous avons été éliminés au Stadium par les Tahitiens de Tefana. On s’est qualifiés difficilement à Vauban en marquant à la fin du match. C’est peut-être un signe. »

le 12/11/2012 à 05:04 par H.H.

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Angloma, un géant à Colmar

jocelyn-anglomaJocelyn Angloma (ici à droite, au duel avec le Brésilien du Real Madrid Roberto Carlos) sera à Colmar vendredi. Archives AFP

Trois fois finaliste d’une Ligue des champions, qu’il a remportée en 1993 avec l’OM, l’ancien arrière droit de l’équipe de France Jocelyn Angloma, 47 ans, débarque vendredi (19 h) à Colmar pour y affronter les SRC à la tête de sa petite équipe guadeloupéenne de l’Étoile de Morne-à-l’Eau. Conversation avec un homme heureux.

C’est aussi ça, la magie du sport. Jocelyn Angloma a beau posséder l’un des palmarès les plus étoffés du football français, il ne rêve aujourd’hui que d’une chose : réaliser l’exploit vendredi soir à Colmar avec son équipe de l’Étoile de Morne-à-l’Eau pour le compte du 7e tour de la Coupe de France. « Ben oui, les temps changent », rigole l’ancien arrière droit aux 37 sélections en équipe de France à l’autre bout du téléphone, mais aussi de l’Atlantique.

La lumière des projecteurs, il l’a quittée depuis dix ans pour rejoindre celle plus naturelle de son île natale de la Guadeloupe. « À presque 37 ans, il était vraiment temps d’arrêter le haut niveau », dit-il, comme s’il avait fini par arpenter son couloir droit en fauteuil roulant. C’est oublier un peu vite que le joueur s’est retiré sur un titre de champion d’Espagne avec le FC Valence (2002), où les socios l’ont élu meilleur latéral de l’histoire du club, et qu’il a ensuite, « pour le plaisir », défendu les couleurs de la Guadeloupe en Gold Cup jusqu’à ses 41 printemps.

« Je ne me suis jamais senti l’âme d’un coach »

« Le plaisir était toujours là, j’ai joué tant que j’ai pu, sourit celui dont le taux de graisse était encore proche de zéro à la fin de sa carrière et dont le rythme cardiaque, excessivement lent, a fasciné plus d’un médecin. Mais un jour, je me suis quand même dit qu’il fallait peut-être laisser la place aux jeunes ».

Qu’il fallait s’en occuper aussi, puisque le défenseur aux trois finales de Ligue des champions (Ndlr : une avec l’OM, deux avec Valence), décida dans la foulée de prendre en charge les « minots » de son club formateur de l’Étoile de Morne-à-l’Eau. Une volonté de chercher encore un peu de plaisir sur les terrains bien plus qu’une véritable idée de reconversion. « Je ne me suis jamais senti l’âme d’un entraîneur et je pense que ça ne changera pas », dit-il, arguant un « casier » totalement vierge au niveau des diplômes. Il rigole : « À l’époque, en fin de carrière, j’avais bien commencé des modules avec Zidane et Desailly, mais c’était plus pour tuer le temps. D’ailleurs, on avait tous arrêté assez rapidement ».

Encore une autre magie du sport : Jocelyn Angloma estime ne pas être fait pour être entraîneur et pourtant… il entraîne désormais depuis trois ans l’équipe première de l’Étoile de Morne-à-l’Eau, le club le plus titré de l’île, mais aussi la sélection guadeloupéenne. « On m’a demandé, j’ai accepté. En fait, j’avais surtout envie de suivre la progression des jeunes que j’avais eus plus tôt sous ma direction. En Guadeloupe, même quand on n’a pas de diplôme, on peut coacher grâce à des dérogations. Vous savez, ici, c’est moins pointilleux que chez vous. Comment dire ? Disons que même chez les amateurs, c’est encore un peu plus amateur ».

« En Guadeloupe, on joue pour le plaisir et pour faire la fête »

Sans être aussi dur que le furent ses propres entraîneurs (Henri Michel au PSG, Raymond Goethals à l’OM, Roy Hodgson à l’Inter Milan ou encore Claudio Ranieri et Rafael Benitez à Valence), Jocelyn Angloma s’est donc efforcé de réclamer « de l’exigence » à ses joueurs, pas vraiment habitués à s’entraîner trois ou quatre fois par semaine. « Ici, on joue plus pour le plaisir et pour faire la fête. Le foot, on le pratique un peu en dilettante. C’est pour ça qu’il faut toujours être derrière les mecs. »

À l’écouter ponctuer la plupart de ses phrases par des éclats de rire, on imagine assez mal le personnage aux 251 matches de D1, 90 matches de Serie A et 121 matches de Liga, pousser la gueulante à chaque entraînement. Mais finalement, peu importe la méthode, les résultats de sa joyeuse marmaille sont au rendez-vous, à l’image de cette victoire en finale de la Coupe de France (zone Guadeloupe) et ce voyage surprise à Colmar. « C’est magnifique de venir en métropole pour représenter notre département et se mesurer à une équipe du National. Pour la plupart de mes joueurs, c’est un rêve. Les trois ou quatre anciens vivront peut-être une sorte d’aboutissement alors que les plus jeunes feront tout pour se montrer et taper, pourquoi pas, dans l’œil de certains observateurs. »

Et pour lui ? « Ce sera d’abord l’occasion de voir quelques jours mes deux fils qui sont à la métropole, dit-il, encore et toujours avec le sourire. Puis, vendredi, il s’agira de trouver la faille devant Colmar et de réaliser un petit miracle. Mais quoi qu’il arrive, on sera déjà heureux du voyage. »

Dans l’Hexagone, Jocelyn Angloma assure qu’il revient toujours « avec plaisir ». D’ailleurs, depuis quelque temps, l’idée de s’y installer à nouveau lui « trotte un peu dans la tête. » Outre le fait de se rapprocher de ses grands enfants, cela lui permettrait aussi de voir un peu plus souvent ses « anciens potes » avec qui il est toujours en contact, « comme Basile (Boli), Marcel (Desailly) ou Christian (Karembeu) », et de taper dans le ballon de temps en temps avec l’équipe des « anciens de l’OM ». « Je verrai bien ce que l’avenir me réserve, philosophe-t-il. Pour l’instant, je suis bien. Je me laisse vivre au soleil. En tout cas, revenir ne me fait pas peur. Je ne crains pas le froid ! »

Peut-être le secret de son incroyable longévité, qui sait.

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le 14/11/2012 à 05:03 par Pierre Chatelus

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La douleur est encore vive

malik-m-tirLe latéral colmarien Malik M’Tir a beaucoup souffert, il y a quatre ans, de l’élimination des SRC face à l’AS Tefana. Photo DNA – Laurent Habersetzer

Les SR Colmar ne conservent pas un bon souvenir de la dernière visite, au Stadium, d’une équipe d’outre-mer. Le 21 octobre 2008, les Tahitiens de Tefana avaient éliminé les Verts, lors du 7 e tour de la Coupe de France. Salim Mezriche, Mathieu Wagner et Malik M’Tir n’ont rien oublié.

Si d’aventure certains Colmariens étaient tentés de prendre par-dessus la jambe la rencontre qui se profile, ce vendredi face aux Guadeloupéens de Morne-à-l’Eau, Malik M’Tir, Salim Mezriche et Mathieu Wagner ne manqueraient pas de les recadrer.

Ces trois-là sont échaudés, pour avoir fait partie de l’équipe qui s’est inclinée – le 21 novembre 2008 lors du 7 e tour de la Coupe de France – devant une autre formation d’outre-mer, l’AS Tefana (1-1, 2-4 aux tirs au but).

« Ce n’était pas possible, pour nous, que ces gars-là soient footballeurs »

Entre Mezriche, qui considère que les Verts s’étaient « vus trop beaux », et Wagner, dont la mémoire le renvoie à un match « pris à la légère et pas préparé assez sérieusement », les rescapés de la tempête tahitienne ne sont pas tendres avec eux-mêmes. Mais M’Tir est sans conteste celui que la débâcle a le plus marqué.

« C’est un de mes plus mauvais souvenirs depuis que je suis à Colmar, confie le latéral, qui dispute sa cinquième saison sous le maillot des SRC. On a cru que notre adversaire des îles était venu ici en vacances et qu’il suffirait de faire le minimum pour passer. Quatre ans après, je m’en souviens encore et j’ai toujours mal. Dès que je pense à la Coupe de France, c’est ce match-là qui me vient à l’esprit… »

À « la frustration de s’être fait avoir » par plus faible sur le papier, s’ajoute la honte d’avoir subi ce camouflet « devant notre public ». Comme ses fans, Malik M’Tir rêvait de poursuivre l’aventure pour obtenir une chance de réaliser un rêve : « Jouer Marseille ou le PSG ».

Aujourd’hui, l’ancien joueur de Rodez aboutit à la conclusion simple qu’il ne faut « jamais se fier aux apparences ». « La veille de la rencontre, les Tahitiens s’étaient entraînés au Stadium, raconte-t-il. En une heure, leur gardien n’a pas plongé une seule fois, on aurait dit un gardien de hand… Ce n’était pas possible, pour nous, que ces gars-là soient footballeurs. Ils mesuraient 1,50 m et étaient tous un peu “bouboules”. »

Le lendemain, l’AS Tefana s’est pourtant employée à « casser le rythme ». « Ensuite, aux penalties, c’était quitte ou double. Ça a été quitte pour nous… », souffle Malik M’Tir.

« Ils sont venus en chantant, ils sont repartis en chantant », résume de son côté Salim Mezriche, dans une allusion à « l’ambiance assez festive » que font régner « les équipes des îles » à domicile comme en déplacement. « On entendait pas mal de tam-tams, ils avaient ramené le soleil de chez eux », rebondit Mathieu Wagner.

« Nous n’avons plus d’excuse »

L’entraîneur des SRC, Damien Ott, n’a pas digéré non plus l’humiliation. Dans son habituel « breafing de début de semaine », tenu lundi, le technicien ne s’est pas privé d’une petite piqûre de rappel en mettant le spectre de Tefana « à l’ordre du jour », rapporte le staff.

Dans deux jours, la réception de l’Étoile de Morne-à-l’Eau (Division d’Honneur) permettra de vérifier si le club colmarien a accompli des progrès dans son appréhension du football pratiqué outre-mer, par des hommes qui jouent « le match de leur vie » lorsqu’ils voyagent en métropole, souligne Mathieu Wagner.

« Nous ne devons pas tomber à nouveau dans le panneau, prévient le milieu des Verts. Nous sommes prévenus, nous n’avons plus d’excuse. »

« Il faut respecter au maximum cette vieille dame qu’est la Coupe de France, elle réserve toujours des surprises », appuie Salim Mezriche.

Quatre ans après, les SRC n’ont pas l’intention d’être, une deuxième fois, les dindons de la farce.

par Amaury Prieur

publié le 14/11/2012

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Une qualification 5 étoiles

wilfried-louisy-danielAuteur de deux buts en championnat cette saison, dont le dernier à Vannes il y a un mois, Wilfried Louisy-Daniel (en blanc) a marqué deux fois de la tête hier soir en Coupe de France. V. Meyer-Wirckel

Sérieux de bout en bout, les SR Colmar ont logiquement battu les Guadeloupéens de l’Étoile Morne-à-l’Eau hier soir au Stadium (5-0), obtenant avec panache leur ticket pour le 8 e tour de la Coupe de France.

Peut-être finalement qu’il valait mieux le jouer à Colmar, ce match-là. Peut-être que l’affaire aurait bien plus ressemblé à un traquenard du côté de Morne-à-l’Eau, petite ville de 25 000 âmes du nord-est de la Guadeloupe dont la sympathique équipe de foot n’a finalement jamais vraiment eu voix au chapitre hier soir au Stadium. Qui sait ce qu’il en aurait été au beau milieu de l’Atlantique, dans la moiteur des 30°C qu’offrait en ce vendredi l’île des Caraïbes.

On ne le saura jamais, mais ce tirage au sort exotique dont rêvaient Benoît Haaby et ses coéquipiers n’aurait peut-être pas connu le même épilogue sous les tropiques. Les Verts se contenteront donc très largement de ce billet pour le 8 e tour de la Coupe de la France qu’ils ont composté en toute sérénité face à des Guadeloupéens pas tout à fait transis de froid, mais presque. En l’occurrence, le seul de la bande à vraiment avoir pu faire face, yeux dans les yeux, aux 5°C qui régnaient hier dans l’enceinte haut-rhinoise, c’est Jean-Baptiste Gassion. Le gardien de but de l’Étoile Morne-à-l’Eau a été en vue tout au long de la partie. Il a d’ailleurs cherché dès la première minute un ballon au fond de ses filets, quand Wilfried Louisy-Daniel reprenait victorieusement de la tête un centre de la droite de Manfred Ekwé-Ebélé. Mais le grand attaquant des SRC était signalé hors-jeu, et le rituel était remis à plus tard pour le portier guadeloupéen.

« On s’est rendu le match facile »

Ce but refusé donnait néanmoins le ton du premier acte, placé sous le signe de vagues alsaciennes incessantes sur les buts antillais. Et une demi-volée de Liabeuf (4 e), une reprise à bout portant de Louisy-Daniel (7 e) et une demi-douzaine de corners plus tard, Frédéric Marques offrait au Stadium son premier but depuis le 14 septembre et une victoire face au Paris FC (2-0). Une disette de deux mois effacée par l’ancien Cristollien d’un crochet astucieux pour éliminer le gardien et d’un petit plat du pied gauche pour pousser le ballon dans le but vide (1-0, 16 e). « On s’est rendu le match facile en ouvrant le score rapidement, estimait Dominique Lihrmann, de retour hier soir sur le banc des SR Colmar, quatre ans après, pour suppléer un Damien Ott suspendu de banc (*). Ça les a obligés à sortir et à nous offrir beaucoup plus d’espaces, dans lesquels on s’est engouffré. » C’est le moins que l’on puisse dire, surtout pour Marques, qui profitait d’un marquage élastique pour doubler la mise d’une frappe puissante (2-0, 28 e).

Le premier tir de l’Etoile-Morne-à-l’Eau, signé Fautrai à la 41 e minute, était parfaitement stoppé par Thomas Fedrigo. Mais, malgré un tir sur le poteau de Grimm (43 e) et la pause, ce sont bien les représentants de l’outre-mer qui semblaient les plus entreprenants au début du second acte. Pour preuve cette double occasion d’Eliezer et Fautrai qui butaient tour à tour sur un Fedrigo toujours vigilant. « Il y a eu un tout petit moment d’inquiétude à ce moment-là, concédera Lihrmann. À 2-1, ça aurait peut-être pu poser des problèmes. Mais au final, c’est nous qui avons marqué le troisième but. »

Celui-là, c’est Louisy-Daniel, muet depuis un mois, qui l’offrira aux Blancs d’un soir, grâce à un coup de tête déterminé et déterminant sur un coup franc parfait de Brahmia (62 e). C’est le moment que choisissait le staff colmarien pour faire souffler les cadres que sont Haaby et Liabeuf, remplacés par Mezriche et Moukhlil. Et c’est ce dernier qui, sur son tout premier ballon, enterrait définitivement les éventuels espoirs visiteurs en plaçant un bolide du droit de 30 m en pleine lucarne (4-0, 65 e). Gassion était même battu une cinquième et dernière fois à l’entame des dix dernières minutes par un Louisy-Daniel toujours aussi dominateur de la tête.

« La marche était vraiment très haute, constatait sobrement Jocelyn Angloma, coach de cette courageuse équipe de Morne-à-l’Eau. Ce que je voulais, c’est qu’on ne soit pas ridicules, qu’on arrive à se lâcher. On ne l’a sans doute pas assez fait, mais dans l’ensemble, je suis satisfait, parce que notre niveau est tellement bas par rapport à une équipe de National comme Colmar que pour réussir à rivaliser, il faudrait travailler pendant des années. »

Venant d’un garçon trois fois finaliste de la Ligue des champions, dont une remportée avec l’OM en 1993, le compliment est toujours bon à prendre pour les SRC. Le 8 e tour de Coupe de France à venir aussi.

(*) L’entraîneur des Verts a écopé d’un match de suspension pour avoir jeté une bouteille d’eau sur le terrain à la fin de la rencontre à Vannes.

VOIR Les réactions en vidéo sur notre site internet www.lalsace.fr

le 17/11/2012 à 05:02 par Fabien Rouschop

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Sans peur et sans reproche

frederic-marquesFrédéric Marques, à gauche, s’est offert un doublé, au même titre que Louisy-Daniel. Photo DNA – laurent habersetzer

Les SR Colmar se sont épargné toute frayeur, hier soir au Stadium, en affichant le plus grand respect pour les Guadeloupéens de Morne-à-l’Eau. Au terme d’un match sérieux, les Verts ont décroché leur ticket pour le 8 e tour de la Coupe de France.

Les SR Colmar ont gagné sur toute la ligne, hier soir au Stadium. Les Verts ne se sont pas seulement qualifiés pour le 8 e tour de la Coupe de France, face une timide équipe de Morne-à-l’Eau. Ils ont surtout su, à travers une production sérieuse, éviter tous les écueils susceptibles de se présenter. En premier lieu, les éventuelles blessures et autres cartons ne sont pas venus ternir la prestation d’une formation concernée, concentrée sur son sujet et impitoyable – une fois n’est pas coutume – dans la finition. « À Colmar, on aime la coupe et on la respecte », précise Dominique Lihrmann, le directeur sportif des Verts reconverti entraîneur en l’absence du titulaire du poste, Damien Ott (*). «C’est l’épreuve reine dans le football, celle qui procure le maximum d’émotions. »

« Ici, au Stadium, nous étions un peu maudits »

Le cœur des Colmariens a battu la chamade tout au long d’une rencontre qui s’est très vite débloquée. Touché par le manque de réussite offensive qui frappe les SRC depuis plusieurs semaines, Frédéric Marques a été le premier à se rassurer, en inscrivant un doublé en douze petites minutes : servi sur un plateau par Liabeuf, l’attaquant a d’abord dribblé Gassion, le gardien guadeloupéen, pour conclure tranquillement du gauche (16 e’); lancé à pleine vitesse par son compère Louisy-Daniel, l’ancien Cristolien a ensuite parfaitement enroulé son tir du droit, offrant aux Verts un break aussi rapide que précieux dans ce type de confrontation (28 e’). «Ici, au Stadium, nous étions un peu maudits depuis un moment, souligne le buteur. En restant rigoureux, nous nous sommes remis en confiance. On avait besoin de ça. »

Dans une ambiance rendue festive par les tam-tams des fans de Morne-à-l’Eau, les Haut-Rhinois ont surclassé leur adversaire techniquement, s’octroyant la possession quasi-exclusive du ballon. Après le show Marques, ils ont néanmoins attendu 34 minutes avant de tuer définitivement le suspense. Wilfried Louisy-Daniel s’en est en grande partie chargé, via deux coups de boule dont il a le secret, à la réception d’un centre de Brahmia (3-0, 62 e’) et d’un coup franc de M’Tir (5-0, 80 e’).

«La marche était vraiment trop haute »

Le chef-d’œuvre de la soirée revient néanmoins à Abdel Moukhlil, qui a réussi à loger dans la lucarne une magnifique flèche décochée aux 25 mètres (4-0, 65 e’). C’en était évidemment trop pour l’Étoile de Morne-à-l’Eau, qui n’a pas beaucoup scintillé dans la froideur de l’automne alsacien.

« La marche était vraiment trop haute, constate Jocelyn Angloma, l’illustre entraîneur (vainqueur de la Ligue des champions avec l’OM en 1993) aux 37 sélections sous le maillot bleu. On savait que ça allait débouler de partout, on s’y était préparé. Nous ne nous sommes peut-être pas lâchés suffisamment, mais nous n’avons pas été ridicules non plus. »

Non, les Verts ont simplement fait le job. Et c’est tout à leur honneur, eu égard aux surprises que réserve chaque saison cette satanée Coupe de France…

(*) Le technicien purgeait hier soir un match de suspension pour avoir jeté une bouteille au sol, lors du déplacement des SRC à Vannes.

Revivez la rencontre dans les conditions du direct sur www.dna.fr

par Amaury Prieur, publié le 17/11/2012

CDF 7 ème Tour SR Colmar - Morne à l'eau

Date de dernière mise à jour : 17/11/2012