Uffheim 1 - 4 SRC

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Le FC Uffheim a la tête dans les étoiles

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Les joueurs du FC Uffheim disputeront pour la plupart le match de leur vie ce samedi face à des SR Colmar qui évoluent en National, autant dire dans une autre galaxie. Archives Jean-François Frey

Pour la première fois de son histoire, le FC Uffheim, modeste club de Promotion, va disputer samedi un 5 e tour de Coupe de France. Et pas contre n’importe qui puisque ce sont les SR Colmar, pensionnaires du 3 e échelon national, qui débarqueront au stade Joseph Muller. Patrick Wadel, le président local, stresse mais savoure.

Le record n’est pas très ancien. Quatre mois d’âge, tout au plus. En juin dernier, lors du match de clôture du championnat de Division 1 départementale face à Durlinsdorf, près de 500 personnes s’étaient amassées tout autour de la main courante du stade Joseph Muller. « 270 entrées payantes, soit 270 hommes puisque les femmes et les enfants ne payent pas », rappelle fièrement le président Patrick Wadel.

Mais aussi récent soit-il, le record ne devrait pas passer l’automne ni même le week-end d’ailleurs. Et pour cause : samedi après-midi, le FC Uffheim, leader du groupe C de Promotion, dispute son match du siècle. On exagère ? Même pas.

Depuis sa création en 1945, le club frontalier n’avait jamais disputé un 3 e tour de Coupe de France. Après-demain, il jouera un 5 e tour face à la meilleure équipe alsacienne du moment, les SR Colmar. Voilà le décor planté.

« Pour nous, la coupe est d’ores et déjà gagnée, rigole Patrick Wadel. Avec peut-être le Racing Strasbourg, on ne pouvait pas espérer mieux, on a touché le jackpot. Sur le coup, j’ai même eu du mal à réaliser qu’on allait affronter un club de National. On avait déjà vécu un truc très fort avec notre premier titre de champion d’Alsace de D1 au début de l’été, mais là, c’est encore un grand moment de se retrouver, le temps d’une semaine, sous le feu des projecteurs. On va tout faire pour que ce rendez-vous soit la plus belle fête possible. On va tenter d’attirer aussi un maximum de monde au stade. Pour cela, on n’a rien laissé au hasard. On a envoyé des mails, des SMS, on a collé des affiches chez tous les commerçants du coin. En fait, je crois qu’on ne peut rien faire de plus. »

Entre des réunions avec les élus locaux, des rendez-vous avec les dirigeants de la Ligue d’Alsace et « toute une série de trucs à régler du genre stationnement ou sécurité », l’agenda du président uffheimois a triplé de volume depuis le tirage au sort. « Organiser un tel événement, quand on n’est pas vraiment habitué, ça génère pas mal de stress, souffle-t-il. Le soir, je suis bien fatigué. Mais c’est une pression positive. Et puis c’est l’ensemble du club qui est concerné. Tout le monde va apporter sa contribution. Ce match tombe en plus pile-poil le week-end de notre traditionnelle fête de l’automne. Les joueurs du club, mais aussi leurs femmes ou leurs copines, tout le monde sera sur le pont ce samedi. La mobilisation est générale. »

Peu importe la couleur du ciel ce samedi après-midi aux abords de la frontière, il fera donc chaud à Uffheim, où plus de la moitié du village sera certainement au stade. On doute toutefois que le contexte impressionne davantage les joueurs colmariens, habitués à déplacer des foules au sein du 3 e échelon national et en Coupe de France, que les hommes de Nicolas Frichhertz, qui évoluent en temps normal devant une quarantaine de personnes. « Mais qui sait ? Tout ce monde, ça va peut-être nous transcender », rigole Patrick Wadel, bien conscient que les six divisions d’écart entre les deux clubs ne laisseront aucune chance à ses hommes. Mais comme il le répète haut et fort, « la coupe est d’ores et déjà gagnée. »

le 11/10/2012 à 05:04 par Pierre Chatelus

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Une coupe entre amis

5eme-tour.jpgQuinze ans après avoir vécu ensemble des moments inoubliables jusqu’en 32 es de finale de la Coupe de France, Nicolas Frichhertz (à gauche) et Damien Ott se retrouvent aujourd’hui face à face. Archives Jean-François Frey/Mathieu Lerch

Il y a quinze ans, Damien Ott et Nicolas Frichhertz atteignaient ensemble les 32 es de finale de la Coupe de France sous le maillot du FC Saint-Louis. Cet après-midi (15 h), les deux hommes, entraîneurs respectifs des SR Colmar et du FC Uffheim, se retrouvent avec plaisir.

Lorsque Damien Ott a vu le nom de Nicolas Frichhertz clignoter sur son téléphone portable, il y a un peu moins de deux semaines, au soir du tirage au sort du 5 e tour de la Coupe de France, il a d’abord cru à une blague. « Le matin même, on s’était croisé et il m’avait dit qu’il m’appellerait dans la soirée pour m’annoncer que son équipe d’Uffheim tomberait contre la mienne. La probabilité était très faible. Quand ça a sonné, le connaissant, je me suis dit qu’il plaisantait. »

Et bien non. Nicolas Frichhertz ne plaisante pas avec ces choses-là. La petite chance sur 35 que le FC Uffheim, modeste club de Promotion, avait de s’offrir les SR Colmar, 4 es du National, à ce stade de la compétition venait bel et bien de prendre corps. Pour le plus grand plaisir des deux hommes qui, avant d’être des entraîneurs, sont des amis de longue date. « Ça fait plus de dix ans ou… en tout cas un paquet d’années qu’on se connaît, tente de se souvenir Damien Ott, plus à l’aise avec les schémas tactiques qu’avec les dates. Nos trajectoires ont été un peu les mêmes, on s’est rencontré souvent et on est toujours resté en contact. »

« On a évolué trois ou quatre saisons ensemble au FC Saint-Louis, précise Frichhertz. Moi j’étais défenseur et lui milieu de terrain. On naviguait entre l’Excellence et la DH. On était déjà assez proches l’un de l’autre. On avait le même âge, on était en fin de carrière et on avait le même désir de transmettre aux plus jeunes. On a d’ailleurs passé nos diplômes d’entraîneur en même temps. Pour couronner le tout, on a travaillé ensemble au collège de Saint-Louis, où nous nous occupions de la section sportive. »

« L’épopée de 97 reste un moment fort »

Les délicieux hasards de la Coupe de France ne pouvaient donc pas mieux faire en décidant de réunir à nouveau les deux hommes (46 ans), qui, depuis une certaine saison 1996-97, éprouvent la même tendresse pour cette épreuve.

Sous le même maillot ludovicien, Ott et Frichhertz avaient été les acteurs d’une belle épopée. Tombeur de Sedan au 7 e tour, alors invaincu en National (3 e division), le FC Saint-Louis avait ensuite mis au tapis le grand FC Mulhouse, pensionnaire de D2, avant de chuter au stade des 32 es de finale face à Gueugnon (3-0). « Ça reste un moment fort, glisse Nicolas Frichherz. C’est parce que j’ai moi-même vécu des instants de rêve dans cette compétition que je demande à mes joueurs de toujours la prendre très au sérieux. Elle seule peut procurer de telles émotions. J’ignore si dans l’histoire de la coupe, une équipe est déjà parvenue à gommer six divisions d’écart, mais je veux que mes joueurs se livrent à fond et posent des problèmes à des SRC qui ne viendront pas pour faire du tourisme. »

Nicolas Frichhertz connaît son Damien Ott par cœur. Car le coach colmarien a effectivement annoncé qu’il emmènerait avec lui ses « meilleurs éléments ». En foot, quand on se respecte, on ne se fait aucun cadeau.

Le groupe colmarien : Fedrigo, Verger ; M’Tir, Haaby, Meyer, Varsovie, Bernardet, Mezriche, Grimm, Shaiek, Wagner, Brahmia, Gadacha, Holtz, Liabeuf, Moukhlil.

le 13/10/2012 à 05:04 par Pierre Chatelus

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« Savourer chaque minute »

fc-uffheimExploit impossible pour le FC Uffheim (en violet) face aux SR Colmar ? Photo archives DNA

Le FC Uffheim (Promotion) s’apprête à vivre la plus belle page de son histoire avec la réception des SR Colmar (National). L’entraîneur, Nicolas Frischherz, veut avant tout profiter de ce moment rare.

Que signifie cette rencontre pour vous ?

– C’est avant tout une fête et une récompense pour les bénévoles qui œuvrent au club depuis de nombreuses années. Et aussi pour les joueurs qui travaillent avec moi depuis une vingtaine de mois.

Rencontrer le club phare d’Alsace, et je dirais même le 44 e club actuel de France (les SR Colmar sont 4 e en National), c’est une chance formidable qui ne se reproduit pas forcément deux fois dans une carrière. On veut savourer chaque minute.

– Six divisions d’écart, cela est-il vraiment jouable ?

– Au mois de juin, on était encore en D1, cela ajoute encore au gouffre qui nous sépare. Même si Colmar n’a pas le statut pro, je considère qu’on affronte une équipe professionnelle. Elle en a toutes les caractéristiques avec six entraînements par semaine et des joueurs qui se consacrent entièrement à la pratique du foot.

Pour revenir sur les six divisions, je ne suis même pas sûr que cela ait déjà été fait (exact, seules quatre équipes ont éliminé des formations évoluant cinq rangs au-dessus d’elles : Gardanne, 1960, Sanary 1982, Évry, 1986 et Schirrhein, 2009, ndlr).

« Gérer ses déplacements »

– Comment prépare-t-on ce type de rencontre forcément déséquilibrée ?

– J’ai la chance de pouvoir compter sur quelques joueurs qui ont évolué en CFA2 ou DH et qui ont un vécu et une certaine culture tactique. C’est important pour ce genre de match : gérer ses déplacements, faire la bonne intervention au bon moment…

– Qu’attendez-vous de ce match ?

– Déjà on a une chance et on la jouera à fond. Même si penser à les éliminer est un peu prétentieux, pour nous chaque quart d’heure sans encaisser de but sera déjà une victoire. C’est comme ça qu’on peut les faire douter et faire rêver le public.

par Recueilli par M.Pf., publié le 13/10/2012

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À Uffheim, tout le monde est content

on-joue-la-90-e-minuteOn joue la 90 e minute du match, Kevin Schwaller (maillot blanc) trompe la défense colmarienne et le gardien Thomas Fedrigo. Le FC Uffheim pouvait quitter la Coupe dans la joie. Photo Darek Szuster

Les SR Colmar ont très logiquement décroché leur qualification pour le 6 e tour de la Coupe de France, hier, en dominant une formation d’Uffheim courageuse et récompensée de ses efforts par un but à la dernière minute (4-1).

Quand vous passez plus d’une semaine à vous triturer les méninges et à trimer aux entraînements pour tenter de mettre en place un système susceptible de préserver le plus longtemps possible un 0-0 et que, le jour J, vous encaissez le premier but après 83 secondes de jeu, il y a franchement de quoi jeter tous vos diplômes par la fenêtre.

Pourtant, lorsque son capitaine Schwertz est venu malencontreusement dévier un ballon dans ses propres filets sur un centre anodin et débloquer dès l’entame le compteur des SR Colmar, Nicolas Frischhertz, l’entraîneur du FC Uffheim, a préféré prendre la chose avec philosophie. « Il y a des faits de jeu qu’on ne peut pas maîtriser, glissait-il, en haussant des épaules. Au lieu de leur compliquer la tâche, on leur a un peu simplifiée, voilà tout. Mais je n’aurais pas la prétention de dire que ça a changé quoi que ce soit au verdict final. »

On ne l’écrira pas non plus. Hier après-midi, sous un soleil radieux et devant une belle affluence, les SRC ont gagné un match qu’ils auraient remporté cent fois en autant de confrontations. Plus rapides, plus techniques, plus physiques, plus… tout, les joueurs colmariens, qui vivent six étages au-dessus des Uffheimois dans la grande pyramide du football hexagonal, ont fait le travail qui leur était demandé. Sans excès de zèle, certes, mais sans jamais trembler non plus.

« On n’était pas venu pour faire le spectacle »

On pourra toujours mégoter sur le score final (1-4), plus étriqué que toutes les prévisions d’avant-match, et sur cette deuxième mi-temps qui a vu les deux équipes terminer sur un score de 1-1, les Colmariens, eux, n’avaient aucune intention de pinailler. « On n’était pas venu pour faire un spectacle ou affoler les compteurs. On était venu pour se qualifier, résumait Damien Ott, aussi tranquille qu’à l’accoutumée. On a fait ce qu’il fallait et on est assez contents d’avoir participé à cette fête. Le FC Uffheim a mis les petits plats dans les grands pour nous accueillir et c’était un vrai plaisir d’être là. Regardez, tout le monde est content, c’est l’essentiel. »

À cet instant, les joueurs uffheimois quittaient effectivement la pelouse avec le sourire de ceux qui sont tombés avec les honneurs. Bien que dominés de la tête et des épaules durant la quasi totalité des débats, les coéquipiers de Schwertz n’avaient aucun regret à nourrir. Mais plutôt un bon match à fêter. Ils pouvaient ainsi se féliciter d’avoir évité la dérouillée et d’avoir surtout sauvé l’honneur sur le gong par l’intermédiaire de Schwaller. À la réception d’un long ballon de Groell mal renvoyé par la défense colmarienne, le héros du jour - et probablement du soir - ne se posait aucune question et mystifiait Fedrigo dans la ferveur villageoise.

Sûr que le n°9 local n’oubliera pas ce moment d’aussitôt. « Ce but permet à tout le monde de partir sur une bonne note. C’est la cerise sur le gâteau, souriait encore Nicolas Frischhertz. Mes joueurs quittent la Coupe de France la tête haute et c’est la seule chose que l’on pouvait vraiment espérer. Les Colmariens ont peut-être déroulé en 2 e mi-temps, mais ils nous ont respectés. Il n’y avait qu’à voir leur onze de départ pour comprendre. »

Avec une équipe clairement estampillée National, les SRC n’avaient, il est vrai, aucune intention de prendre leur déplacement par-dessus la jambe. Les deux buts de Brahmia aux 31 e (frappe aux 20 mètres sous la barre) et 39 e minutes (tir au coeur de la surface après une première tentative de Grimm) avaient très vite ôté tout suspense au rendez-vous. Le quatrième but signé Mezriche dès le début du 2 e acte, suite à un centre de Liabeuf (48 e), n’était déjà plus qu’un détail.

le 14/10/2012 à 05:05 par Pierre Chatelus

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Uffheim, la tête haute

salim mezricheSelim Mezriche (à droite) et les Colmariens ont tenu leur rang. photo dna - Cathy KOHLER

Si Colmar s’est fort logiquement imposé sur la pelouse d’Uffheim, le club de Promotion a offert une belle résistance au club de National.

« On sort la tête haute », répète Nicolas Frischherz. Si l’entraîneur du FC Uffheim ne pouvait que regretter ce but encaissé si tôt dans la partie (un centre de Liabeuf pour Brahmia malencontreusement dévié dans son propre but par le capitaine Franck Schwertz, après moins de 1’30 de jeu), il se félicitait toutefois du scénario de la rencontre.

« C’est vrai que ce but encaissé dès l’entame nous coupe un peu dans notre élan. Mais c’est un ‘’fait de jeu’’. On n’a pas trop mal réagi. »

Le coach uffheimois poursuit en souriant : « On fait quand même match nul sur la deuxième mi-temps. Ce n’est pas trop mal, non ? »

On n’oubliera évidemment pas qu’avant cela les SRC - dans une composition quasi-type de National (à part l’attaque inédite Moukhlil – Brahmia, Lousiy-Daniel étant suspendu et Marquès laissé au repos) - n’avaient jamais été inquiétés.

Il y eut ce premier but consécutif à ce centre de Liabeuf, qui étouffa d’entrée de jeu les rêves d’exploit. Il y eut une domination de tous les instants, ensuite, des centres qui ne trouvèrent pas preneur, quelques excès d’individualisme, aussi. Il y eut ensuite ce doublé de Brahmia (une frappe pure aux 20 m à la 30 e puis un but plus opportuniste suite à une frappe de Grimm repoussée, 39 e), l’une ou l’autre parade d’un très bon Jordan dans le but du FCU, et aussi cette tête de Haaby sur la barre (24 e).

Efforts récompensés

Il y eut enfin, cette deuxième mi-temps plus poussive où les Colmariens se contentaient de gérer, inscrivant encore un dernier but par Mezriche bien servi par Liabeuf dans la surface (48 e).

Les coéquipiers de Franck Schwertz jouaient enfin libérés et s’approchaient tout doucement du but de Fedrigo. Ce dernier devait d’abord intervenir sur un coup franc de Matthieu Durand (60 e) et surtout sortir une parade réflexe devant Bazeilhac bien seul dans la surface (75 e).

Uffheim voyait enfin ses efforts récompensés quand, à la dernière minute, Kevin Schwaller reprenait victorieusement un ballon qui traînait dans la surface colmarienne.

Les supporters du petit club du sud de l’Alsace pouvaient exulter. La fête serait belle malgré la défaite.

par M.Pf., publié le 14/10/2012 à 05:00

Date de dernière mise à jour : 14/10/2012