Octobre Novembre 2012

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Colmar en bonne place

 

frederic-marquesFrédéric Marques a déjà débloqué pas mal de situations pour les Verts, notamment à Cherbourg, vendredi. Archives Hervé Kielwasser

Les SR Colmar, qui reçoivent Boulogne vendredi prochain, ont disputé leur septième match d’affilée sans défaite, vendredi dernier à Cherbourg. Après un peu plus du quart de la compétition, les Verts sont toujours sur le podium. Avec des statistiques honnêtes.

La défense tient bon, l’attaque peine. Le but encaissé à Cherbourg, entaché d’une faute de Schneider sur Liabeuf, ne change rien au classement des meilleures défenses où les Colmariens sont toujours en tête avec seulement six buts encaissés en dix matches. L’attaque, en revanche, n’a pas encore vraiment décollé. Certes, les hommes de Damien Ott ont disputé six matches sur terrains adverses, mais ils n’ont notamment marqué qu’à trois reprises en quatre rencontres à domicile. L’entraîneur des Verts à d’ailleurs fait le lien entre les matches au Stadium et celui disputé à Cherbourg, notamment après l’expulsion de Fofana. « En supériorité numérique, on maîtrise mal les attaques placées. C’est comme à domicile, on a du mal à produire. »

Marques dans le top 12. Kevin Lefaix du Poiré-sur-Vie, qui a encore scoré face au Paris FC, occupe la première place du classement des buteurs avec sept buts à son compteur. En marquant son quatrième but depuis le début de la saison, à Cherbourg, Frédéric Marques a pris place dans le top 12 du National. Pourtant, le Colmarien n’a joué que 540 minutes en neuf rencontres et n’a été titularisé qu’à deux reprises, face au Red Star et à Orléans. « Je suis bien sûr déçu quand je ne débute pas une rencontre, a-il laissé entendre vendredi soir dans le couloir des vestiaires à Cherbourg. Mais le coach fait ses choix et je les respecte. Je pense avoir fait une bonne rentrée. Sur le but, je percute, j’accélère et je frappe sans hésiter. Tant mieux pour l’équipe. C’est un point qui nous permet de rester sur le podium. Il faudra compter sur nous cette année. »

Collection de cartons jaunes. Avec les trois nouveaux avertissements pris à Cherbourg par Mezriche, Meyer et Louisy-Daniel, les SR Colmar comptabilisent 19 cartons jaunes depuis le début de la saison, alors que la moyenne des clubs du National est de 17,2. Alors que les cartons des deux premiers n’ont aucune conséquence immédiate, celui de Louisy-Daniel, averti durant le temps additionnel (90 e+5), après avoir eu des mots avec l’arbitre, en revanche, pouvait être considéré comme inutile. Avec du recul, on s’est rendu compte que cela pouvait arranger les Verts puisque, d’une part leur attaquant vedette sera absent lors du match du 5 e tour de la Coupe de France et pas en championnat et, d’autre part, son compteur avertissement sera remis à zéro. Si les Colmariens avaient voulu le faire exprès, ils ne s’y seraient pas pris autrement.

Seulement un carton rouge. Si le jaune, avec le vert bien sûr, est l’une des couleurs préférées des Colmariens actuellement, le rouge n’est pas vraiment répandu. Les SRC ne comptent en effet qu’un seul carton rouge depuis le début du championnat, celui de Vincent Bernardet, après son expulsion face au Red Star qui lui a valu deux matches fermes, pour une faute qui, au passage, a permis aux Colmariens de conserver le nul. Les clubs du National n’en collectionnent d’ailleurs pas énormément puisque depuis le début du championnat seulement 0,23 carton rouge a été distribué par match en moyenne. Avec trois cartons rouges, Metz et Uzès – Pont du Gard sont les mauvais élèves, derrière Le Poiré, Bastia, Fréjus et Épinal qui n’ont enregistré que deux expulsions. Carquefou, Amiens, Boulogne, Quevilly et le Paris FC, en revanche, ont toujours terminé leur match à onze, sauf accident.

Metz tient le cap. En revanche, les Lorrains, après leur victoire dans le sommet face à Amiens (3-1) poursuivent leur marche en avant derrière Créteil qui conserve son fauteuil de leader après sa victoire sur Uzès (4-1). Malgré deux matches nuls d’affilée, les SR Colmar conservent leur troisième place, mais sont rejoints par le Poiré-sur-Vie qui a engrangé 15 points (cinq victoires et un revers face à Créteil) depuis sa défaite à domicile face aux SR Colmar (1-2). Les Colmariens, entre-temps, en ont totalisé douze, mais restent sur sept matches sans défaite.

Créquit sera opéré. Plusieurs ont déjà dû ranger leurs crampons à la suite de blessure. Parmi les derniers en date, le Vannetais Vivian Reydel a été le plus sérieusement touché puisque les examens ont révélé une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche qui l’éloignera des terrains durant plusieurs mois. Pour Guillaume Créquit, en revanche, c’est en semaines que l’on comptera son indisponibilité. Le géant vert, qui a passé des radios à l’hôpital de Cherbourg durant le match, souffre en effet d’une fracture du nez avec déplacement. Il devra donc se faire opérer dans les prochains temps.

le 01/10/2012 à 05:08 par H.H.

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Des soucis de construction

jeremy-grimmJérémy Grimm et ses coéquipiers doivent apprendre à faire un meilleur usage du ballon dans leurs temps forts. PHOTO DNA – Julien Kauffmann

Performants dans la plupart des compartiments du jeu, les Colmariens souffrent d’une incapacité chronique à transpercer une défense regroupée, via des attaques placées et des systèmes construits. La stérilité affichée à Cherbourg n’a pas plu à l’entraîneur Damien Ott, qui compte se pencher sérieusement sur la question.

À plus d’un titre, la bataille menée à Cherbourg vendredi a valeur de symbole. La confrontation, très spéciale (voir DNA de samedi et dimanche), a autant mis en exergue les ressources morales extraordinaires des SRC que leurs carences offensives, masquées depuis le début de la saison par une capacité à se projeter vite vers l’avant et une présence de tous les instants sur les coups de pied arrêtés.

« Quelque chose que l’on ne maîtrise pas très bien »

Le constat est aussi tranchant que limpide : dès lors qu’il s’agit de construire, l’équipe colmarienne bafouille trop souvent. « Notre supériorité numérique nous a obligés à jouer plus d’une heure sur des attaques placées et il faut bien reconnaître que c’est quelque chose que l’on ne maîtrise pas très bien, confie – sans langue de bois – le coach Damien Ott. On n’arrive pas à produire du jeu et on marque, au final, sur un coup chanceux. Il va vraiment falloir que l’on se penche sur la question, afin de mieux gérer les matches qui ne répondent pas à notre logique. »

La remarque ne vaut pas seulement pour les rencontres que les SRC disputeraient, à l’avenir, à 11 contre 10. Elle concerne, de facto, l’ensemble des réceptions programmées au Stadium cette saison.

La chose est vieille comme le monde : sauf à s’appeler le Barça, l’adversaire laisse généralement la possession du ballon à l’équipe qui l’accueille, préférant resserrer les lignes et évoluer en contre. Or, en quatre confrontations à domicile, les Colmariens n’ont pas toujours fait bon usage du cuir.

Ils n’ont inscrit que trois buts et, à deux reprises (devant le Red Star et Orléans), ils n’en ont même marqué aucun, rivalisant de malchance mais aussi de maladresse dans l’exécution.

Ne cherchez pas plus loin l’un des principaux chantiers du moment…

« Je suis déjà dans la projection vers le match futur », confirme Damien Ott, qui considère le dernier déplacement à Cherbourg comme un révélateur supplémentaire de « notre difficulté à trouver des solutions offensivement ».

Une philosophie et des individualités adaptées

Les SRC sont pourtant animés – et c’est un comble vu sous cet angle – d’une philosophie compatible avec l’idée d’une mainmise collective en attaque. Le jeu au sol, prisé par la formation haut-rhinoise, en atteste.

En outre, des individualités comme Adam Shaïek – surnommé « le petit Xavi » par le directeur sportif Dominique Lihrmann –, Cédric Liabeuf, Farez Brahmia ou Abdel Moukhlil (pour ne citer qu’eux…) possèdent le bagage technique suffisant pour distribuer, perforer, trouver la profondeur et transmettre le ballon dans des espaces restreints.

Ensuite, lorsque les brèches s’ouvrent, Frédéric Marques et Wilfried Louisy-Daniel (respectivement 4 et 3 buts jusqu’à présent) ne se font pas prier, pour mettre le couvercle. « Même si je suis déçu quand je ne suis pas titulaire, mon objectif consiste toujours à apporter un plus à l’équipe », commente le meilleur réalisateur colmarien, qui n’a pas eu besoin de 50 opportunités, vendredi, pour se montrer décisif.

On le répète, sur le papier et dans l’état d’esprit, les SRC n’ont pas grand-chose à envier à la concurrence. Il leur reste à mieux profiter de ces situations durant lesquelles leur emprise est quasi-totale.

par Amaury Prieur, publié le 01/10/2012

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Khalid Kerssane : « Une période délicate à vivre »

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Il a beau se dire « en pleine possession » de ses moyens, Khalid Kerssane ronge son frein loin des terrains. Archives Thierry Gachon

Une dernière saison aux SR Colmar jalonnée de coups durs et d’incompréhensions, un transfert dans un club de D1 marocaine qui capote au dernier moment : il n’en fallait pas plus pour que l’ex-Mulhousien Khalid Kerssane, 24 ans, se retrouve désormais sans club.

À l’autre bout du fil, depuis Paris où il est allé passer le week-end chez Kevin Gameiro, son pote de toujours, il explique que tout ça fait « partie d’une carrière de footballeur ». Il dit qu’il n’est « pas à plaindre » parce qu’il est en bonne santé, comme son fils et sa femme. Mais quand même, il avoue aussi qu’il « galère un peu ».

À 24 ans, Khalid Kerssane est un joueur de football sans club, privé de terrain, de ballon, de coéquipiers et d’émotions. Curieuse situation pour un garçon qui a fréquenté presque toutes les sélections nationales chez les jeunes (15 ans, 16 ans et 17 ans), le centre de formation du Racing Strasbourg, puis les équipes premières du FC Mulhouse en CFA et des SR Colmar en National. Mais pas un cas unique, malheureusement. « Chaque saison, il y a des joueurs qui restent là, comme moi, au bord de la route à cette période de l’année, philosophe-t-il. Il y en a encore plus depuis que tous les clubs ou presque se serrent la ceinture. C’est une période délicate à vivre, mais durant laquelle il ne faut surtout pas baisser les bras. Moi j’ai pris le parti de me battre. »

De retour depuis le 17 septembre du Maroc, où son contrat avec le KAC de Kénitra, club de l’élite, a été invalidé au dernier moment suite à des problèmes financiers rencontrés par son nouvel employeur, Khalid Kerssane s’entraîne donc tout seul, chez lui, à Colmar. « Je me maintiens en forme du mieux possible. Je cours et je me suis inscrit dans une salle de sport où je file deux fois par jour. Paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi bien sur le plan physique. C’est frustrant. Le terrain me manque. » Et le téléphone, lui, ne sonne pas. Ou plutôt pas assez. « On est au mois d’octobre et tous les clubs ont bouclé leur recrutement. C’est peut-être le pire moment pour trouver un point de chute. À cette période, on en est presque réduit à se dire qu’il faudra qu’un joueur se blesse quelque part pour qu’une porte s’ouvre. Il n’y a que le malheur des uns qui pourra faire le bonheur des autres. »

Il est peut-être déçu, mais Khalid Kerssane n’est en rien surpris de ce qu’il vit aujourd’hui. Le milieu du foot, il en connaissait déjà les côtés obscurs bien avant ce passage à vide. « C’est un monde qui a la mémoire courte, qui oublie très vite le passé. Pour un défenseur, il suffit de quelques mois d’absence pour disparaître des radars. Un attaquant, lui, peut à tout moment refaire parler de lui en marquant un ou deux buts importants. Mais je crois beaucoup au destin et je me dis que c’est juste une épreuve à passer. J’ai la chance de pouvoir me regarder dans la glace et de pouvoir me dire que je n’ai jamais triché, notamment lors de mon dernier passage à Colmar. »

Un passage qui s’est d’abord écrit comme dans un rêve, avec notamment l’accession en National en 2010 puis un maintien inespéré à ce même échelon l’année suivante. Mais qui s’est ensuite conclu lors d’une saison 2011-2012 qu’il aurait, en fait, préféré ne jamais connaître.

« Le décès de mon père m’a beaucoup affecté »

« J’étais au fond du trou, avoue-t-il. Sur le plan personnel, le décès de mon père m’a beaucoup affecté. Je n’y étais plus, c’est vrai. Mais je pense qu’à des moments clés de la saison, le coach (Damien Ott), avec qui j’avais toujours eu une relation privilégiée, n’a pas jugé bon de me relancer. Je n’étais pourtant pas devenu nul en un an. J’estime qu’il ne m’a pas tendu la main à un moment où j’en avais besoin. La saison d’avant, j’avais pourtant été l’un des rares à le soutenir lorsqu’il était en difficulté. Mais c’est comme ça. Avec le recul, je me dis que j’ai peut-être aussi mes torts dans cette histoire. Aujourd’hui, en tout cas, la page est tournée. »

De ses trois saisons passées à Colmar, le natif de Clermont-Ferrand a quand même gardé de « grands souvenirs » et de vrais amis comme Salim Mezriche et Abdel Moukhlil. « C’est bien parce qu’on rencontre des personnes comme ça au fil des années qu’on garde la flamme et qu’on a envie de retrouver un vestiaire le plus vite possible. » À l’autre bout du fil, Khalid Kerssane le répète une nouvelle fois : « Le terrain me manque ».

le 03/10/2012 à 05:03 par Pierre Chatelus

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« la Ligue 2 dans les trois ans »

 

christophe-gryczkaChristophe Gryczka : « Seuls les résultats nous rendront attractifs ». Photo DNA – Simon Lang

Le président des SR Colmar, Christophe Gryczka, lève le voile sur ses ambitions, sa personnalité et sa façon de penser. L’homme fort du club alsacien – qui n’élude aucun des sujets chauds du moment – se prépare à tout, y compris à une montée en Ligue 2 « dans huit mois ».

Il est 18 h 30, lundi au Stadium, lorsque Christophe Gryczka quitte la salle de réunion du Stadium de Colmar, en compagnie – entre autres – du vice-président des SRC, Jean-Louis Jaegli. Malgré un emploi du temps surchargé (voir ci-dessous), le nouveau patron du club haut-rhinois – il est officiellement entré en fonction en juillet – fait le job.

Le Mosellan d’origine a accepté de se rasseoir, 75 minutes durant, pour évoquer le passé, le présent et l’avenir des SRC. Sous tous les angles.

– Après dix journées, Colmar est installé sur le podium du National. Comment jugez-vous ce début de saison ?

– Je suis très satisfait et il faudrait être difficile pour ne pas partager ce sentiment. Tous les joueurs ont un comportement exemplaire. On ressent, dans la tribune, qu’ils se donnent à fond de la première à la dernière minute.

La présidence des SRC ? « Ça m’apporte pas mal de stress, du bon stress »

Le recrutement est, à ce titre, un coup gagnant. On s’y est pris très tôt, avec Jean-Louis (Jaegli). Dès le mois de mai, en fait.

Damien Ott, le coach, avait une idée très précise des éléments qu’il souhaitait conserver ou non. Et à la reprise de l’entraînement, tout le monde était là.

– Qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir personnellement aux SRC ?

– J’aime les défis, j’adore le foot et le sport de compétition. Dans ma jeunesse, j’ai moi-même évolué dans l’équipe des cadets nationaux de Merlebach.

J’ai aussi pratiqué l’athlétisme et je détiens toujours le record d’Alsace du 4x100 mètres, qui date de 1990 ( 41’’18, en tant que dernier relayeur de l’équipe d’Alsace, également composée de Thierry Fischer, François Ehrmann et Yvan Naffzger). Si je ne m’étais pas blessé assez gravement, je serais peut-être devenu un sportif de haut niveau.

– Comment appréhendez-vous vos nouvelles fonctions ?

– Ça m’apporte pas mal de stress, du bon stress. Ça prend du temps, bien sûr, mais je ne suis pas parti seul. La vacance du poste était prévue et l’ancien président (Roland Hunsinger) me l’a lui-même proposé.

« Quand le staff a été remis en question il y a deux-trois ans, j’étais persuadé qu’il avait le niveau »

Je suis entouré de personnes extraordinaires, qui ont d’énormes connaissances et s’investissent sans compter. Pour l’instant, ce n’est que du bonheur, même si c’est plus facile quand l’équipe gagne. Si on était en queue de classement, ce serait sans doute différent, d’autant que les gens se montrent très critiques de nos jours.

– Quelles sont vos relations avec le staff ?

– Pour l’anecdote, à l’intersaison, j’avais dressé ma petite liste de joueurs à conserver. Il se trouve que c’était précisément la même que celle de Damien Ott, à qui je ne voulais rien imposer.

Humainement, j’ai un très bon contact avec le staff. Quand il a été remis en question il y a deux-trois ans, j’étais persuadé qu’il avait le niveau, même si je n’étais à l’époque que partenaire. Aujourd’hui, je crois que la réponse est là.

– La Ligue 2 constitue-t-elle un mirage ou une perspective crédible ?

– On ne peut pas nourrir comme objectif de se maintenir en National pendant dix ans. Ce n’est pas réaliste. Nous ambitionnons d’accéder à la Ligue 2 dans les trois ans à venir.

Et le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de posséder une vraie équipe, dotée d’une ossature forte. C’est la chose la plus importante, on ne peut pas nous l’enlever et ça nous offrira, le moment venu, davantage de chances de rester en L2.

– Le budget des SRC (2 millions d’euros) est-il suffisant pour réussir ce pari ?

– Regardez ce que l’on fait actuellement : avec ce budget, on va tout droit vers la L2 (rires) !

Plus sérieusement, nous ne réaliserons pas de gros miracles financièrement sans travailler la communication. Nous avons mis en place un groupe composé d’une dizaine de personnes, chargé de réfléchir à la façon de promouvoir le club et d’attirer quelques gros partenaires.

« Le Racing mérite un dernier coup de pouce »

N’oublions pas, par ailleurs, que notre passé nous renvoie au CFA 2. Notre nom n’est pas aussi porteur que d’autres. Seuls les résultats nous rendront attractifs. On y croit, on va réussir.

– L’équipe sera-t-elle renforcée au mercato d’hiver ?

– Non, sauf en cas de blessures sérieuses touchant des éléments essentiels. À mon avis, Damien Ott est embêté plus d’une fois quand il doit composer son onze de départ.

L’effectif n’est pas extensible, mais il est composé de seize joueurs qui peuvent tous prétendre être titulaires. C’est difficile pour le coach, si je lui en rajoute encore, je vais lui faire plus de tort que de bien (sourire).

– Le Racing Club de Strasbourg touchera, de la part de la Région, une subvention annuelle supérieure à la vôtre (*). Lors du dernier conseil municipal de Colmar, cette différence de traitement a été dénoncée. Quelle est votre réaction ?

– Ce n’est pas parce que quelqu’un possède une chose que l’autre doit avoir la même. J’élève mes enfants en leur expliquant cela.

Le Racing allait droit dans le mur mais il attire encore 9 000 spectateurs à la Meinau, en CFA. Il mérite un dernier coup de pouce. La Région a certainement pris ses précautions en étudiant de près le projet strasbourgeois.

La nouvelle tribune « livrée fin novembre »

Après, de notre côté, nous voulons plus que l’an dernier (90 000 €). Si ça va effectivement dans ce sens, je saurais m’en satisfaire. Philippe Richert a annoncé 300 000 €, mais nous n’avons reçu aucune indication sur ce que nous allons réellement toucher.

Notre club a toujours été bien géré, il progresse sans faire d’excès. Tout le monde est bénévole hormis le staff et les joueurs.

S’il y a bien une chose qui m’horripile, ce sont ces clubs de CFA qui enregistrent des recrues de niveau Ligue 2 et pleurent ensuite parce qu’ils ont des trous énormes. À Colmar, on ne fera jamais ça.

– Un mot sur la construction, entamée la semaine dernière au Stadium, d’une nouvelle tribune couverte de 700 places…

– Elle sera livrée fin novembre (**) et va beaucoup nous aider. Conformément à la capacité actuelle du stade, nous pouvons vendre 5 000 billets, mais on a déjà vu des gens repartir parce qu’il pleuvait. Tous n’ont pas envie d’assister au match debout. Cette extension s’inscrit dans un projet global, qui inclut une mise aux normes des vestiaires et plusieurs améliorations, au niveau de l’accueil des visiteurs par exemple.

– La transformation du club en SASP (***) est-elle dans les tuyaux ?

– Il faut bien y réfléchir car ça peut être source d’ennuis et de conflits, notamment si la convention entre la SASP et l’association n’est pas bien réalisée. Il n’y a qu’à prendre l’exemple de Strasbourg.

Après, si on monte en L2, ça deviendra une obligation. On se donne trois ans pour passer en SASP, mais si on doit s’y préparer dans huit mois, on le fera.

Je suis quelqu’un d’ambitieux. Je vais peut-être déchanter dans quelques semaines, mais je pense qu’avec l’équipe actuelle, on peut monter. La saison est longue et tout peut arriver, dans un sens comme dans l’autre.

J’insiste sur le fait que nous visons la première moitié de tableau. Mais les joueurs, eux, entrent sur le terrain pour conserver leur troisième place.

(*) Les derniers échos font état de 600 000 euros pour le Racing et 300 000 pour les SRC.

(**) En championnat, les spectateurs pourront l’investir le 15 décembre, lors de la réception d’Uzès.

(***) Société anonyme sportive professionnelle.

Propos recueillis par Amaury Prieur, publié le 03/10/2012

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Farez Brahmia : « On tue des pigeons! »

Avec tout l'humour qui le caractérise, le milieu Farez Brahmia estime qu'il est temps, pour les SR Colmar (un but sur les trois derniers matches), d'arrêter de « tuer des pigeons » en envoyant le ballon hors cadre. Au-delà des problèmes offensifs rencontrés par son équipe actuellement, l'ancien Strasbourgeois lâche quelques mots sur son quotidien en dehors du terrain, sur le Racing et sur la façon dont les joueurs des SRC se chambrent à l'entraînement. Une interview vidéo un brin « décalée » à savourer sans modération.
par Amaury Prieur, publié le 09/10/2012 à 18:36 DNA


Interview décalée de Farez Brahmia, milieu des... par dna_web

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« Le droit d’être imparfaits »

L’entraîneur des SR Colmar, Damien Ott, aurait aimé davantage d’indulgence à l’égard de son équipe, après la défaite face à Boulogne-sur-Mer. « Nous avons le droit d’être défaillants », insiste le coach.

MISE AU POINT. – Après avoir revisionné le dernier match, Damien Ott a été conforté dans l’idée que les observateurs n’avaient pas accordé assez d’importance à la valeur intrinsèque de Boulogne-sur-Mer. « Nous ne voulons pas nous chercher de fausses excuses et nous nous efforçons de bien identifier les problèmes, mais nous avons aussi le droit d’être défaillants ou imparfaits, insiste le technicien des SR Colmar. L’adversaire est parfois plus fort que nous, il faut savoir l’accepter et tirer des enseignements très précis. On a l’impression que tout doit être parfait ici. »

BOBOS. – Touché à la cuisse droite, Manfred Ekwé-Ebélé a passé lundi une IRM de contrôle. Le latéral s’est entraîné normalement hier, tout en effectuant quelques exercices individualisés sous la houlette de “Dédé” Hermann. « Cela fait une dizaine de jours que l’on est prudent avec lui, confie le préparateur physique colmarien. On ne souhaite pas tirer sur la corde, d’autant que les joueurs sont sur la brèche depuis quelque temps déjà. »

« Je suis les conseils des médecins et je travaille en conséquence », lâche pour sa part l’ancien Strasbourgeois.

Le milieu Mathieu Wagner, dont la cheville est endolorie, a quant à lui été ménagé ce mardi, tout comme l’avant-centre Frédéric Marques, qui ressent une douleur au niveau des ischio-jambiers.

L’attaquant Guillaume Créquit (nez fracturé le 28 septembre à Cherbourg) est toujours arrêté. Il ne devrait pas reprendre la compétition avant la fin du mois.

SUSPENSION. – L’attaquant colmarien Wilfried Louisy-Daniel, qui a écopé à Cherbourg d’un troisième carton jaune cette saison, sera suspendu pour le court déplacement à Uffheim, samedi (15 h) en Coupe de France.

CONFIANCE. – En panne offensivement (un but inscrit sur les trois derniers matches), les Colmariens ont « beaucoup de jeu » à leur programme, cette semaine à l’entraînement, précise “Dédé Hermann”. « L’objectif est d’affiner les relations, souligne le préparateur physique. Il faut que les joueurs se libèrent mentalement et reprennent confiance. Notre présence sur le podium a peut-être engendré une certaine pression. Nous n’y sommes pas habitués. »

par Am.P., publié le 10/10/2012

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Les Bretons ferment les vannes

Jérémy Grimm et les Verts s’apprêtent à défier un gros morceau. Photo DNA – Laurent Habersetzer

jeremy-grimmProchain adversaire des SR Colmar en championnat, le Vannes Olympique Club (4 v, 3 n, 3 d) n’a plus encaissé de but depuis trois matches. L’équipe bretonne, qui vient de recruter un défenseur, surfe surtout sur une série de six rencontres sans défaite.

RENFORT. – Le Vannes Olympique Club s’est attaché vendredi dernier les services de Nicolas Flégeau, formé au FC Lorient.

Le défenseur de 27 ans, qui arrive en provenance du Gazélec Ajaccio (Ligue 2), a notamment évolué à Bayonne (National) et à Istres, dans l’antichambre de l’élite. Après avoir satisfait à la visite médicale d’usage, il a signé un contrat d’un an et demi avec le club breton.

CONFIANCE. – Sixièmes du National à trois petites longueurs des SRC, les Vannetais affichent une solidité impressionnante depuis le 31 août (2 v, 4 n), date de leur dernière défaite. Les hommes de Stéphane Le Mignan ne se sont inclinés qu’à trois reprises jusqu’à présent, face aux équipes composant l’actuel trio de tête (Créteil, Metz, Le-Poiré-sur-Vie).

Ils n’ont pas encaissé de but depuis trois rencontres et possèdent la troisième meilleure défense de la division (9 buts concédés), derrière Bourg-Péronnas et… Colmar (7).

C’est dire si les Haut-Rhinois devront redoubler de vigilance dans le Morbihan.

HAABY. – Touché à la cheville, Benoît Haaby a été dispensé d’entraînement lundi et mardi. Le défenseur central colmarien est resté aux soins avant de s’adonner, hier, à une petite séance de vélo en salle.

Il reprendra les exercices collectifs « ce mercredi », informe le préparateur physique “Dédé” Hermann. La participation du joueur au match de vendredi n’est évidemment pas remise en cause.

ATTAQUE. – 20 pompes pour un tir à côté, 10 pour un arrêt du gardien et 5 pour une balle sur le poteau… Mieux valait marquer, lundi après-midi, durant l’exercice de frappes devant le but programmé par Damien Ott.

« Faites des trucs simples, ne cherchez pas à réaliser des choses incroyables », a notamment conseillé l’entraîneur colmarien, qui n’a pas manqué de relever que ses joueurs n’avaient inscrit qu’un but lors des trois dernières confrontations.

COUPE. – À l’occasion du tirage au sort du sixième tour de la Coupe de France, les Colmariens ont appris qu’ils affronteraient Vauban (Division d’Honneur) sur leur pelouse, dimanche 28 octobre à 14 h 30 (voir DNA d’hier).

« C’est une équipe qui joue, ça ne peut être que positif, observe “Dédé” Hermann. Mais un tirage n’est bon qu’à partir du moment où tu te qualifies… » Or, dans cette épreuve, trois divisions d’écart n’ont jamais constitué une garantie.

par Am.P., publié le 17/10/2012

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Les premiers éléments de la nouvelle tribune du Stadium, côté est, ont été posés hier matin

nouvelle-tribuneComme Gilbert Meyer, le maire de Colmar, l’avait confirmé dans l’une de nos précédentes éditions, la tribune n’est pas surélevée. Le club résident l’avait pourtant souhaité afin que les spectateurs puissent avoir une meilleure visibilité. Il n’a pas été entendu.

Les joueurs, le staff, les dirigeants des SR Colmar et quelques observateurs ont été étonnés, hier matin, en voyant le montage de la nouvelle tribune de 700 places sur des plots en béton à niveau. Les spectateurs verront donc le match derrière le grillage et les panneaux publicitaires. « On perd ainsi plus de 100 places, disait un dirigeant hier matin, puisque la vue de tous les spectateurs du premier rang est bouchée par les panneaux. De surcroît, on ne pourra pas accueillir de spectateurs debout, ce qui sous-entend également un manque à gagner. Et d’après les plans, il n’y a pas de partie visiteurs de prévue. Il ne sera pas évident de faire homologuer le terrain au mois de juin prochain ».

le 31/10/2012 à 05:01 par H.H.

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La DNCG retire  trois points aux SR Colmar

le-vice-president-colmarien-jean-louis-jaegli-se-dit-tres-surpris-d-une-telle-sanction-alors-que.jpgAlors qu’elle n’était pourtant pas attendue avec beaucoup d’inquiétude par les dirigeants colmariens, la décision, rendue publique hier matin via le site internet de la Fédération française de football, s’est propagée comme une traînée de poudre et a finalement frappé comme un coup de tonnerre. Hier, dans son habituel relevé de décisions, la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion) a annoncé un retrait de 3 points au classement du National à l’encontre des SR Colmar, assorti d’un encadrement de la masse salariale.

Ce verdict sans concession, basé sur l’analyse des comptes de la précédente saison 2011-2012, n’a évidemment pas tardé à faire réagir les dirigeants, à commencer par le vice-président Jean-Louis Jaegli, qui a expliqué cette sanction par… les trop bons résultats des deux équipes seniors. « Nous n’avions effectivement pas anticipé que notre équipe première réussirait une telle saison en National et que la réserve monterait en CFA 2. Tout cela a engendré des primes supplémentaires qui nous ont fait dépasser la masse salariale d’environ 80 000 euros. Qu’aurait-il fallu faire ? Dire aux joueurs de l’équipe deux de ne plus gagner ou ne pas payer les primes de match ? Ou encore licencier un joueur ? On a préféré honorer les primes et faire des économies par ailleurs, comme d’habitude. »

Si les dirigeants des Verts, le trésorier Gilbert Meyer en tête, admettent donc bien volontiers que la masse salariale (qui comprend aussi bien les salaires fixes que les primes) a dépassé le plafond autorisé, ils s’interrogent en revanche sur l’intérêt d’une telle sanction, sachant que le budget général du club était, lui, à l’équilibre. « À la fin de la saison, il n’y a pas eu le moindre centime de déficit, poursuit le vice-président. C’est là où la situation devient incompréhensible. S’il y avait eu un déficit, je comprendrais. Mais là, on est dans les clous et on nous sanctionne. C’est à décourager toutes les bonnes volontés. »

Dès réception du courrier recommandé expédié par la DNCG, le club colmarien a ainsi annoncé son intention de faire appel. Celui-ci permettra aux SRC de conserver pour le moment ses 22 points au classement du National (Ndlr : il pointe au 5 e rang, à cinq longueurs du podium) et de préparer sa défense. Même si celle-ci est déjà toute trouvée.

 

le 22/11/2012 à 05:05 par P.C. (avec H.H)

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Moins trois points!

 

Stupéfaction, hier, dans le camp des SR Colmar à la publication du relevé de décisions de la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) : les SR Colmar, en plus d’un encadrement de la masse salariale écopent d’un retrait de trois points au classement de National. Ils feront appel de cette décision.

« Nous sommes bien passés devant la DNCG hier (mardi) pour présenter un nouveau budget et pour clôturer celui de la saison passée, explique Christophe Gryczka, le président des SRC, encore sous le coup de la surprise. Nous nous attendions fort logiquement à avoir un encadrement de la masse salariale, ce qui était déjà le cas la saison passée. Entre parenthèses, ce n’est pas choquant, dans la mesure où nous sommes encore constitués en association. »

Il poursuit : « Par contre, absolument rien des échanges que nous avons eus ne pouvait laisser augurer d’une telle décision. C’est gonflé »

Si le club n’a pas encore reçu la notification officielle qui indiquera le motif, le président Gryczka a sa petite idée sur la question. « Le seul point sur lequel on nous a demandé des éclaircissements, c’est celui du budget de la saison passée. La masse salariale est supérieure à celle présentée en début de saison (2011/2012). »

L’explication est simple : les SRC ont été victimes de leur succès. Entre une équipe une qui a longtemps joué les premiers rôles en National et une équipe deux qui a accédé en CFA 2, le poste “primes” a été plus important que prévu. « Pour moins de 100 000 euros, tout de même, précise Gryczka. Par contre, on a équilibré le budget grâce à des rentrées de sponsoring. On a fait les choses dans les règles, on n’est pas déficitaire aux SRC. »

Le club prévoit de faire appel dès réception de la notification officielle de la DNCG. « S’il s’agit bien de cette histoire de primes, nous sommes relativement confiants dans nos chances de gagner », conclut le président.

En attendant, les Verts perdent virtuellement deux places au classement (7 e au lieu de 5 e).

par M.Pf., publié le 22/11/2012

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Tout le monde sur le pont

À deux jours d’un déplacement très difficile chez le leader du National Créteil, les Colmariens s’activent pour être prêts.

Au complet. À l’exception de Guillaume Créquit, pris par ses obligations professionnelles, les SR Colmar étaient au grand complet hier matin à l’entraînement. Si tout se passe bien d’ici demain, et comme aucun joueur n’est sous le coup d’une suspension, le coach Damien Ott aura donc un large choix pour composer l’équipe qui se jouera à Créteil ce vendredi (20h).

« Fracassés ». Hier matin, le premier entraînement de la journée, sous une pluie fine, a été très intense et les joueurs en sont sortis « rincés ». « On est fracassés », disait Mathieu Wagner à la fin de la séance. Après 40 minutes de physique sous les ordres de Dédé Hermann, les Colmariens ont eu droit à du jeu, mais une succession de petits matches de cinq minutes, à trois contre trois avec gardien sur un quart de terrain avec un pressing constant. L’intensité n’a jamais baissé.

Du rab pour les attaquants. Les attaquants ont eu droit à du rab, dans la soirée. « Nous avons mis en place un entraînement supplémentaire spécial « attaquants » depuis plus d’un mois, explique Damien Ott. C’est un travail supplémentaire qui, je pense, commence à porter ses fruits. Il est facultatif pour les autres joueurs, mais nous nous retrouvons souvent à dix. C’est très intéressant. »

Amende repas. Trois joueurs n’avaient pas assisté à l’assemblée générale du club. Mal leur en a pris puisqu’ils ont dû offrir le repas à leurs coéquipiers hier. Une amende qui profite finalement à tout le monde.

Retrouvailles. Wilfried Louisy-Daniel se faisait un plaisir de retrouver Ima Andriatsima, son ex-coéquipier de Beauvais, vendredi à Créteil. « Mais il s’est blessé face à Bourg-Péronnas la semaine dernière et ne sera pas de la partie », signale l’attaquant des Verts. Damien Ott, de son côté, n’est pas mécontent de l’absence du troisième buteur cristolien (6 buts). En revanche, Cheikh Ndoye et Bagaliy Dabo, huit buts chacun, seront bien présents.

DNCG. Les SR Colmar sont toujours dans l’attente. La notification de la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) concernant le retrait de trois points (voir nos précédentes éditions) n’est pas encore arrivée. « D’après la fédé, la lettre recommandée devrait nous parvenir demain (aujourd’hui), confirme Jean-Louis Jaegli, le vice-président colmarien. Nous en saurons donc un peu plus sur les reproches qui nous sont faits et nous pourrons préparer notre appel. »

Amende (bis). À cause des supporters du FC Metz, les SR Colmar vont devoir payer une amende à la Fédération française de football. « Tout le monde a vu que ce sont les Lorrains qui ont allumé des feux de Bengale, regrette Jaegli. Et au final, ce sont les deux clubs qui ont été sanctionnés. »

le 28/11/2012 à 05:00 par H.H.

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« Fier d’avoir vu ça »

gryczka-voit-la-vie-en-roseDerrière ses lunettes noires, le nouvel homme fort des Verts Christophe Gryczka voit la vie en rose et, à deux journées de la trêve, aborde la suite de la saison avec sérénité. Archives J-F Frey

Pour la première fois depuis qu’il a pris la présidence des SRC en début de saison, Christophe Gryczka a assisté à un match à l’extérieur, vendredi soir à Créteil. Excellente idée : les Verts ont corrigé le leader du National 3-0. Entretien.

Christophe Gryczka, une victoire 3-0 chez le leader Créteil pour votre premier match à l’extérieur en tant que président des SR Colmar, pouviez-vous rêver mieux ?

C’est vrai que je suis plutôt bien tombé ! Avec l’emploi du temps que j’ai, ce n’était pas évident de me libérer pour vivre un déplacement avec l’équipe. La plupart du temps, ils partent le jeudi. Là, avec un départ le vendredi matin, ça collait et j’avais réservé cette date depuis un moment. Mais c’était sans savoir que Créteil serait leader…

Vous attendiez-vous à un tel match de Colmar ?

Je ne vais pas dire qu’on était confiant mais durant la semaine, on a senti qu’il pouvait se passer quelque chose de bien. En plus, on n’a pas perdu souvent à l’extérieur cette saison (Ndlr : une fois seulement). Tout le monde a constaté qu’on progresse. On sait qu’on peut battre n’importe quelle équipe.

Donc le résultat ne vous a pas étonné ?

Le résultat, si, bien sûr, mais pas la prestation des joueurs. Les choses ont tourné en notre faveur, mais en même temps, on a vu à la composition d’équipe qu’on n’était pas venu à Créteil pour défendre… Gagner 3-0 n’est donc pas illogique.

Pour votre premier match à l’extérieur, avez-vous découvert un autre visage des SRC ?

On dit beaucoup que cette équipe joue mieux à l’extérieur qu’à domicile. Je n’irai pas jusque-là mais j’ai pu effectivement constater qu’on joue très bien à l’extérieur ! J’ai pris énormément de plaisir, autant pendant le match que durant la totalité du déplacement. Une atmosphère fantastique règne entre les joueurs, et on sait tous qu’en football, il faut ce genre d’ambiance pour réussir. Les supporters de Créteil eux-mêmes n’en revenaient pas pendant le match. À 2-0, ils disaient : ‘‘Mais où est-ce qu’ils vont s’arrêter ?’’ C’était une fierté pour moi de voir ça.

À deux matches de la trêve, êtes-vous surpris de cette première partie de saison ?

On l’a déjà dit : le début de saison a été parfaitement préparé. L’effectif a été constitué très tôt, le coach Damien Ott savait exactement quels joueurs il voulait. Étant donné la saison réalisée l’année dernière, avec des joueurs en plus, on ne pouvait que mieux faire. Ceci dit, se retrouver au pied du podium aujourd’hui, c’est quand même un peu inespéré.

Cela vous laisse-t-il penser que les SR Colmar peuvent aller encore plus haut ?

Il faut garder les pieds sur terre, ça peut aller très vite. En deux-trois mois, on peut se retrouver tout en bas. Mais on voit bien que tout est possible. On est 4 e d’un point de vue comptable, mais il y a aussi la manière. On a perdu seulement deux matches, on a la meilleure défense du National, on est la meilleure équipe à l’extérieur. Oui, tout est possible, parce que le foot n’est pas une science exacte.

Du coup, envisagez-vous de renforcer l’équipe cet hiver ?

Clairement, non. On a vu à Créteil des joueurs déçus d’être sur le banc. Avoir encore plus de monde serait presque une difficulté supplémentaire pour l’entraîneur. En plus, le staff n’est pas demandeur, sauf en cas de blessures. Et puis, nos finances ne sont pas extensibles.

Le choix de reconduire le staff actuel a donc été le bon ?

Alors là, je n’ai pas le moindre doute à ce sujet. Le recrutement a été bien fait, les options tactiques le sont aussi. J’ai assisté à la causerie d’avant-match de Metz et celle de Créteil vendredi soir et je peux vous dire que les joueurs appliquent les consignes de Damien Ott à la lettre.

Vous êtes susceptibles de perdre trois points pour un dépassement de masse salariale la saison dernière (*). On imagine donc qu’il n’y a pas eu de double prime à Créteil…

À Colmar, on fait attention à toutes les dépenses, primes de match y compris. Sachant qu’il y a cette affaire en cours, évidemment, il n’y a pas eu de double prime. Nous n’avons toujours pas reçu la lettre de notification de retrait des trois points de la DNCG, mais elle doit arriver cette semaine. Si les raisons avancées sont bien celles qu’on croit, on fera appel.

Avec optimisme ?

Oui, j’ai bon espoir. Ce serait quand même grave de sanctionner le sportif. Les gars sur le terrain ne sont responsables de rien, si ce n’est d’avoir eu de trop bons résultats. Et puis, si on nous retire vraiment trois points, on risque de devoir attendre jusqu’à la dernière journée pour savoir officiellement qu’on monte en Ligue 2. Ce serait dommage… (rires)

(*) Le 21 novembre, la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) a annoncé un retrait de 3 points à l’encontre des SR Colmar, assorti d’un encadrement de la masse salariale. Selon les dirigeants des Verts, cela serait dû aux trop bons résultats des équipes 1 et 2 l’an dernier, qui auraient engendré des primes de match supplémentaires et, du même coup, un dépassement de la masse salariale.

Subventions régionales : Gryczka déçu

Lors de l’assemblée générale des SR Colmar le 13 novembre, Jean-Paul Omeyer, vice-président du conseil régional en charge des sports, a déclaré que la subvention du club s’élèverait à 120 000 euros, contre 90 000 l’an passé. Une annonce qui n’a pas plu à Christophe Gryczka : « Je l’ai dit et je le répète : que Strasbourg reçoive plus que nous, ça ne me paraît pas illogique car les deux situations ne sont pas comparables. En revanche, on nous avait dit qu’on passerait de 90 000 à 300 000 euros. Là, une subvention de 120 000 euros, sachant que notre équipe réserve joue en CFA2 et qu’on a le projet sérieux d’atteindre la Ligue 2 en trois ans, ça me déçoit très fortement. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à être reçu par le président du Conseil régional Philippe Richert. J’attends une réponse. »

le 03/12/2012 à 05:06 par Propos recueillis par Fabien Rouschop

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« Du sang vert dans mes veines »

damien-ottDebout devant son banc, Damien Ott vit chaque match avec passion. Photo DNA – Laurent Habersetzer

Au lendemain de la démonstration de son équipe sur la pelouse du leader cristolien, Damien Ott a gentiment sacrifié une petite demi-heure de temps libre pour évoquer, à froid, l’exploit des SR Colmar et leur superbe première partie de saison. L’entraîneur des Verts ne fuit pas les questions, y compris lorsqu’elles concernent sa personnalité.

La large victoire décrochée vendredi à Créteil s’inscrit-elle dans la lignée des plus grands exploits signés ces dernières années par les SR Colmar ?

– On peut parler de continuité par rapport à ce que l’on fait depuis un certain temps. Mais de mon côté, je raisonne en termes de performance, de cohésion de groupe, de respect des consignes et des fondamentaux tactiques ou collectifs.

« Pour bien défendre, il ne faut pas avoir peur d’attaquer »

Notre match à Créteil a été pleinement maîtrisé parce qu’il a été préparé avec l’adhésion de tous. C’est un succès magnifique dans sa conception et dans le contenu.

– Refuser de considérer que votre équipe n’avait rien à perdre, c’était une stratégie pour maintenir vos joueurs mobilisés ?

– Nous avons volontairement préparé la rencontre à l’envers, en partant du principe que nous avions tout à perdre à Créteil. Il ne s’agit pas d’un excès de prétention, nous étions simplement conscients de notre capacité à embêter le leader.

Les succès devant Morne-à-l’Eau (en Coupe de France) et Quevilly (en championnat) nous ont permis d’arriver lancés. L’équipe était sereine, en confiance et mentalement prête.

– Aligner trois pointes et miser sur un match offensif face à la meilleure attaque du National (39 buts jusqu’à présent), il fallait oser…

– Pour bien défendre, il ne faut pas avoir peur d’attaquer. Créteil tournait, avant cette confrontation, à 2,6 buts de moyenne. Nous ne pouvions pas nous permettre de défendre à dix dans notre surface pendant 90 minutes.

Pour éviter que notre adversaire accumule les occasions, il était indispensable de le faire douter. Je tiens d’ailleurs à féliciter l’ensemble des joueurs. Le plan de jeu a été parfaitement exécuté.

Battre le leader chez lui, ce n’est pas anodin. Ça nous donne une idée de ce que l’on est capable de faire.

– Vos deux attaquants, Wilfried Louisy-Daniel et Frédéric Marques, ont inscrit quatre buts chacun (*) lors des trois derniers matches. Peut-on parler de progrès dans la finition ?

– Je tiens juste à préciser que ce n’est pas un hasard si ces deux éléments marquent.

Ils travaillent plus qu’avant, ils font du rab et participent, en dehors des entraînements collectifs, à des séances supplémentaires devant le but. Il faut savoir, aussi, qu’ils sont sous pression et en concurrence.

« Je ne suis qu’une pièce rajoutée à l’histoire du club »

Les joueurs dans leur globalité sont, en outre, tributaires de choix tactiques qu’ils acceptent dans un très bon état d’esprit.

Je pense en particulier à un garçon comme Cédric Liabeuf, qui n’a pas débuté à Créteil mais a continué à tenir son rôle de meneur et de leader mental. Il s’inscrit dans notre projet et son comportement doit servir d’exemple à chacun.

– De l’extérieur, on a le sentiment qu’une grosse solidarité règne au sein du groupe…

– Je confirme mais ce n’est pas nouveau. Ce qui est déterminant, c’est l’envie de progresser et de jouer ensemble. Casser une baguette, c’est facile, mais quand vous en posez dix l’une à côté de l’autre, ça devient beaucoup plus délicat.

Il n’est pas question, malgré tout, de se gargariser. Les équilibres, dans le sport collectif, sont toujours très fragiles.

Je n’exerce pas mon métier d’entraîneur pour me satisfaire de situations favorables. Mon rôle, c’est de me demander quels moyens je peux mettre en œuvre pour que cela perdure.

– Vous disputez votre cinquième saison à la tête de l’équipe première des SRC. Avez-vous le sentiment d’être l’un des piliers de ce club ?

– Non, les piliers, ce sont Dominique Lihrmann (le directeur sportif), Jean-Louis Jaegli (le vice-président), l’actuel président (Christophe Gryczka) et ses prédécesseurs. Moi, je ne suis qu’une pièce rajoutée à l’histoire du club.

Le staff et les joueurs représentent la partie émergée de l’iceberg, mais ici à Colmar, tout le monde accomplit un travail admirable.

– Avec l’accumulation des saisons, votre attachement à ce club s’est-il accentué ?

– Je suis arrivé à Colmar avec une couleur bleue (**) mais aujourd’hui, c’est du sang vert qui coule dans mes veines et c’est tant mieux.

Travailler ici est à la fois agréable et enrichissant. Mais au-delà de ça, je suis très fier d’évoluer en Alsace et de véhiculer les valeurs de cette région, un idéal, une identité…

Je le répète, soyons fiers d’être Alsaciens. Ce ne sont pas des paroles en l’air : ici, on ne travaille pas que pour soi. Et c’est pour cette raison que je demande aux joueurs de se défoncer.

– Vous attendiez-vous à vivre une première partie de saison aussi réussie ?

– L’expérience n’a pas de prix, c’est le plus important dans le football et dans la vie.

À une époque, nous avons commis beaucoup d’erreurs et subi des échecs. Il fallait simplement en tirer les leçons. C’est ce qui nous permet d’avancer avec énormément de sérénité aujourd’hui.

Je ne suis pas surpris par les progrès effectués mais c’est à la fin du mois de mai que nous devrons être bien classés. À ce moment-là, six équipes descendront à l’étage inférieur. Les constats dressés en décembre n’ont donc pas beaucoup de sens.

– L’évocation du podium (***) dans les médias vous dérange-t-elle ?

– Non, ça ne me perturbe pas. Nous ne devons pas nous voiler la face par rapport à notre situation. Lorsque l’on progresse, on gagne le respect des adversaires et il faut assumer son statut.

« Je peux être véhément, calme ou vindicatif, mais c’est la même personne qui s’exprime »

Après, il s’agit de trouver les solutions pour être encore meilleurs. Les grandes équipes se remettent en question chaque semaine, y compris quand elles gagnent.

Le but d’un joueur doit être de revenir encore plus fort d’un week-end à l’autre, de relever des défis personnels et de rejeter ses limites le plus loin possible.

– En match, vous ne tenez pas en place devant votre banc et on vous sent régulièrement au bord de l’explosion. Mais quand vient le temps de l’analyse, vous faites systématiquement preuve de mesure et nuancez la portée de chaque performance. Qui est le vrai Damien Ott ?

– C’est la même personne qui s’exprime, quel que soit le moment. Une personnalité est constituée de plusieurs facettes. Il y a des moments pour être passionné et d’autres pour être lucide.

Je m’efforce simplement d’adopter le bon comportement en fonction de la situation proposée et d’opter pour l’attitude la plus constructive en pensant au club.

Quand l’équipe a besoin d’être secouée, je n’hésite pas à me montrer véhément et vindicatif. De la même manière, je préfère garder mon calme quand des journalistes attendent de moi que je sois euphorique.

Mon souci, c’est de bien identifier les problèmes et de trouver les solutions, sachant qu’il existe différentes façons de le faire. J’essaye, en restant moi-même.

(*) Deux en Coupe de France et deux en championnat.

(**) Celle du FC Mulhouse, où il a entraîné de 1999 à 2002 et de 2004 à 2008.

(***) Les SRC pointent à seulement deux longueurs de la troisième place occupée par Le-Poiré-sur-Vie.

par Propos recueillis par Amaury Prieur, publié le 03/12/2012

Date de dernière mise à jour : 03/12/2012